Interview d'Ambroise Mazal, responsable du plaidoyer souveraineté alimentaire pour le Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD).
Que peut-on attendre du sommet de l'Organisation des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO) qui s'ouvre aujourd'hui à Rome?
Le risque est que l'on se contente de grands discours. Or, aujourd'hui, 850 millions de personnes souffrent de la faim. Un chiffre qui ne fait qu'augmenter. Si on veut enrayer le phénomène, il faut investir dans l'agriculture.
Qu'ont révélé les émeutes de la faim du mois d'avril?
Elles ont souligné la dépendance alimentaire des pays où ont lieu les émeutes. Par exemple, la Mauritanie a recours à l'importation à 80% alors que le pays est essentiellement rural. Or, si un pays comme la Mauritanie ne peut subvenir à ses besoins alimentaires, c'est en partie du fait des accords de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), qui mettent en concurrence les producteurs du Sud avec les agricultures subventionnées. Aujourd'hui, ils doivent être renégociés.