La Chine et Taïwan sur la voie de la réconciliation?

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Publié le 28 mai 2008.

DIPLOMATIE - C'est la première fois depuis 1949 que les deux chefs des partis au pouvoir en Chine et à Taïwan se sont rencontrés ce mercredi...

C'est la première fois depuis 1949 que les deux chefs des partis au pouvoir en Chine et à Taïwan se sont rencontrés ce mercredi. Que faut-il espérer de ces retrouvailles? Qu'est-ce qui est à l'origine de ce conflit? 20minutes.fr fait le point.

Une guerre civile entre deux partis
Le conflit entre la Chine et Taïwan remonte à la fin de la deuxième Guerre mondiale et de la deuxième guerre sino-japonaise, en 1945. Le Japon, frappé par la bombe nucléaire, capitule face aux Alliés et aux Chinois. L'île de Taïwan, qui était en sa possession depuis 1895, fait de nouveau partie de la Chine.

Le leader du parti chinois national du peuple (KMT), Tchang Kaï-chek, en guerre civile  depuis vingt ans contre le Parti communiste chinois (PCC), y trouve refuge en 1949: les communistes viennent de prendre le pouvoir en Chine, sous la houlette de Mao Zedong, et proclament la République populaire de Chine.

De son côté, Tchang Kaï-chek proclame Taipei (à Taïwan), capitale provisoire de la République de Chine, en attendant de pouvoir reconquérir le continent.

Un seul siège à l'ONU
La Chine se retrouve donc avec deux gouvernements. Si chacun se considère comme le gouvernement chinois légitime, un seul dispose d'un siège à l'ONU depuis 1971: la République populaire de Chine. Les demandes répétées de la République de Chine (Taïwan) pour une participation aux Nations unies ont été refusées, principalement à cause de l'opposition de la République Populaire de Chine qui dispose du droit de veto au Conseil de sécurité.

Depuis le début des années 1990, des relations pacifiées ont été établies entre les deux parties, bien qu'elles demeurent tendues. Certains partis taïwanais souhaitent déclarer l'indépendance de l'île, c'est-à-dire passer de la situation de gouvernement chinois «rebelle» contrôlant seulement Taïwan, à celle de gouvernement d'un Taïwan indépendant. Cette option n'a encore été retenue par aucun gouvernement taïwanais, car Pékin a fait clairement savoir qu'une déclaration d'indépendance serait pour lui un motif pour une intervention armée. En mars 2005, une loi anti-sécession a été adoptée par le Parlement chinois en ce sens.

Que faut-il attendre de ces retrouvailles?
La rencontre entre les deux chefs des partis, Hu Jintao (Parti communiste) et Wu Poh-hsiung (KMT), ce mercredi, augure-t-elle d'une évolution? L'élection à la présidence de Taïwan de Ma Ying-jeou en mars dernier préfigurait en tout cas d'une accalmie. Ce dernier est en rupture avec la mouvance indépendantiste dont était issue son prédécesseur, Chen Shui-bian. Un accord de paix, venant favoriser des relations économiques intensifiées entre Taïwan et la Chine, semble donc possible. D'autant que des pourparlers directs reprendront en juin après plus de dix ans d'interruption. De là à parler de réunification ou d'accès à l'indépendance, il n'y a qu'un pas que les dirigeants des deux rives du détroit de Taïwan ne franchiront sûrement pas.
Catherine Fournier
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