Romain Huret
Maître de conférences à l'université Lyon-II, a dirigé Les conservateurs américains se mobilisent (Ed. Autrement).
Pourquoi Hillary Clinton, qui a perdu l'investiture démocrate à la présidentielle américaine*, ne jette-t-elle pas l'éponge ?
Elle refuse d'apparaître comme une femme faible. Elle reproche aussi au Parti démocrate de ne pas prendre en compte le vote de la Floride, intervenu trop tôt. Elle risque donc d'aller jusqu'au bout, c'est-à-dire la convention de Denver (du 25 au 28 août).
A qui profite le duel démocrate ?
Au républicain John McCain, qui est un très bon candidat. Vétéran du Vietnam, il rassure une Amérique en guerre en Irak. Très charismatique, il n'hésite pas à défendre l'idée d'une Amérique éternelle, qui rassure l'électorat vieillissant.
Face à McCain, Barack Obama peut-il l'emporter ?
Il réussit très bien auprès des jeunes et des classes sociales aisées, beaucoup moins chez les ouvriers blancs, qui pèsent plus dans la présidentielle. McCain semble avoir un discours beaucoup plus clair car moins élaboré. Cela pourrait lui permettre de l'emporter chez les indépendants, qui représentent 20 % de l'électorat, et qui traditionnellement votent pour le candidat qui leur « parle » le plus. En outre, si Obama incarne le changement, McCain aussi, avec son côté franc-tireur.