CHINE - Le séisme ranime de mauvais souvenirs...
Le
tremblement de terre de ce lundi dans le Sichuan, dans le sud-ouest de la Chine, ranime de mauvais souvenirs: celui du le séisme le plus meurtrier en Chine, en 1976. A l’époque, le bilan officiel s’élevait à 240.000 victimes, alors qu’au même moment, des experts occidentaux estimaient à 700.000 le nombre de morts.
Peut-on imaginer que Pékin veuille cacher le bilan réel du tremblement de terre d’aujourd’hui?
Cette polémique remonte à il y a 30 ans, à la fin de la période maoïste, avant l’ouverture de la Chine au reste du monde. Là, à moins de trois mois des Jeux Olympiques, il y a peu de chance que Pékin veuille dissimuler un bilan de catastrophe naturelle. Après le fiasco du Tibet, le gouvernement chinois a tout intérêt à jouer la transparence. Le fait que le
premier ministre Wen Jiabao ait parlé de «désastre» avant même de connaître l’ampleur des dégâts prouve qu’il ne désire pas minorer le bilan humain du séisme.
Pourrait-il subsister d’autres zones d’ombre?
On peut légitimement se demander si des accidents, qui seraient dûs au séisme mais qui révéleraient des «faiblesses chinoises», comme la piètre qualité du BTP ou des chantiers corrompus, pourraient être occultés. Par exemple, ce séisme pourrait très bien avoir eu une incidence sur le barrage des Trois Gorges, inauguré l’an dernier, situé à seulement 650 km de l’épicentre, et dont la construction a été entourée de nombreuses rumeurs. Mais un communiqué officiel a vite démenti aujourd’hui tout dégât sur la construction.
Pourquoi le bilan officiel est resté bloqué pendant plusieurs heures à «107 morts et 34 blessés» aujourd’hui?
La mise en place de la coordination et de la remontée des informations a été laborieuse ce lundi après-midi. Mais depuis quelques heures, le centre national des secours communique des bilans réactualisés, repris par l’agence officielle et la télévision, un mode de communication tout de même assez nouveau ici, en Chine. En revanche, le séisme a eu lieu dans une région montagneuse, avec des accès pas toujours évidents. Il est donc certain qu’il sera difficile d’établir un bilan définitif rapidement. D’autant plus que les experts ont déjà mis en garde contre des répliques sismiques.
A Shanghai, Caroline Dijkhuis