CATASTROPHE NATURELLE – Le gouvernement birman est au cœur des critiques...
Le gouvernement birman est au cœur des critiques, quelques jours après
le cyclone qui a ravagé une partie du pays. Le service de la météorologie indienne a affirmé mardi avoir averti sa voisine la Birmanie quarante-huit heures avant de l'arrivée du cyclone Nargis.
Dès la fin avril, la météo indienne avait émis plusieurs bulletins réguliers à l'attention de la Birmanie, mais aussi de pays voisins, comme le Bangladesh ou la Thaïlande, prévenant qu'une tempête cyclonique se formait au-dessus du golfe du Bengale.
«Notre travail consiste à émettre des avertissements à l'avance et nous sommes fiers d'avoir prévenu très largement à l'avance. Il y avait suffisamment de temps pour prendre des mesures de précaution telles que l'évacuation», a expliqué à l’AFP le porte-parole du département de la météorologie indienne.
L’ONU et Laura Bush signalent un manque de prévention
Les autorités birmanes affrontent également un tir nourri de critiques leur reprochant un manque de prévention du risque climatique. Lundi, Laura Bush, l'épouse du président américain, avait accusé le régime birman de ne pas avoir averti la population de l'arrivée du cyclone Nargis.
L'agence de l'ONU pour la prévention des catastrophes a déploré elle aussi mardi l'absence d'alerte précoce. «Vu le nombre de morts, cela laisse à penser qu'un système d'alerte précoce n'a pas été mis en place», a déclaré depuis Genève Brigitte Léoni, porte-parole du secrétariat de l'ONU pour la prévention des catastrophes (SIPC). «Manifestement [en Birmanie] beaucoup de gens n'ont pas eu le temps» de partir «et de se réfugier dans des abris sécurisés», a-t-elle ajouté.
Interrogé par 20minutes.fr, François Raillon, chercheur au CNRS et spécialiste de l’Asie du Sud-est, estime que l’inertie des autorités irrite plus la communauté internationale que la population birmane: «Les Birmans sont des gens adultes, ils savent très bien s’organiser eux-mêmes contre les catastrophes naturelles. Ils sont habitués. Tous les ans, il y a la mousson. En Birmanie, ce n’est pas comme en Europe, dans de pareils cas, les citoyens n’accusent pas le gouvernement de manquements. Même, si dans le cas du cyclone Nargis, il aurait dû en faire plus.»
V.G. (avec agence)