Gordon Brown peine à digérer la raclée des élections locales de jeudi en Angleterre et au Pays de Galles. Le parti du Premier ministre britannique, le Labour, a perdu plus de 330 sièges alors que les conservateurs en ont raflé 260. Coup de grâce pour les travaillistes, ils ont échoué à conserver la direction de Londres. Le maire sortant, Ken Livingstone, qui briguait un troisième mandat à la tête de la capitale, s'est vu ravir le poste par Boris Johnson, alias « Boris le bouffon », avec 140 000 voix d'écart (1 168 738 contre 1 028 966).
« C'est un verdict très dur », a reconnu Gordon Brown hier. C'est même la pire défaite du Labour en quarante ans. Le Premier ministre, qui s'exprimait pour la première fois depuis la publication des résultats, a dit se sentir « responsable » de cet échec, ajoutant qu'il n'y avait « aucune justification de [sa] part ». Le revers est d'autant plus cinglant que ces élections avaient valeur de premier test depuis son arrivée à Downing Street en juin 2007. Il a toutefois pointé un autre responsable : les « difficultés économiques » du pays, promettant « des annonces dans les prochaines semaines ».
Le Labour parviendra-t-il à remonter la pente ? « Bien sûr, je suis certain que nous pouvons nous en remettre », a estimé Gordon Brown. Il va falloir être efficace : les prochaines législatives doivent se tenir d'ici à mai 2010. Galvanisés par leur succès aux élections locales, les conservateurs - exclus du pouvoir depuis 1997 -croient désormais en une possible victoire.