Les libéraux boliviens défient Evo Morales

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Publié le 5 mai 2008.

Près d'un million d'électeurs étaient appelés aux urnes pour un scrutin à haut risque à Santa Cruz. Fer de lance de l'opposition libérale, la région la plus riche de Bolivie, dominée par les grands propriétaires terriens, revendique le droit de gérer ses propres ressources et de créer sa force de police. S'estimant menacée par la nouvelle Constitu­tion défendue par le président socialiste Evo Morales, qui veut redistribuer des terres et les revenus de la manne gazière, Santa Cruz a donc organisé un référendum autonomiste. Ce dernier, susceptible de mener le pays au bord de l'explosion, a été perturbé dès son ouverture par des affrontements - urnes brûlées, coups de bâton, et jets de pierres avec des partisans de l'autonomie - blessant trois personnes. Plusieurs centaines de policiers nationaux ont été envoyés en renfort.

Cette consultation revêt un caractère conflictuel car la région rebelle concentre la majeure partie des gisements gaziers, principale richesse de ce pays de neuf millions d'habitants, le plus pauvre d'Amérique du Sud. Premier président amérindien de Bolivie, Evo Morales, soutenu par les paysans défavorisés des Andes, a condamné ce vote qu'il considère comme « illégal » et « séparatiste ». Proche allié du dirigeant vénézuélien Hugo Chavez, la bête noire de Washington, il dénonce une « conspiration » des élites pour le renverser.

L'issue du scrutin ne semblait faire aucun doute hier, les sondages prédisant plus de 70 % des voix exprimées en faveur du « oui ».

- ©2008 20 minutes
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