La France courbe l'échine devant la Chine

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Publié le 25 avril 2008.

DIPLOMATIE – Après le fiasco de la flamme olympique, Paris multiplie les gestes pour amadouer Pékin...

Courbette party à Pékin. L'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, le président du Sénat, Christian Pon­celet, mais aussi le conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy, Jean-David Lévitte, se sont donné rendez-vous cette semaine dans l'empire du Milieu. Au menu, rencontres au sommet avec le chef du gouvernement, Wen Jiabao, le président Hu Jintao, cadeaux, lettres, bisous et autres déclarations de bonnes intentions. La France est «l'amie» de la Chine et entend bien le faire savoir.

Hasard

Les manifestations anti françaises de la semai­ne dernière, pourtant peu suivies, auraient-elles fait flipper Paris? Pas du tout. «Tous ces déplacements étaient prévus de longue date», affirme-t-on à l'Elysée. Heureux hasard donc.

Mais qui pourrait être interprété comme de la faiblesse, voire, pour Jean-Vincent Brisset, spécialiste de la Chine à l'Institut des relations internationales et stratégiques (Iris), comme «la reconnaissance d'une relation de vassalité». De fait, si la Chine a ciblé la France et pas la Grande-Bretagne ou l'Allemagne, qui ont pourtant des positions bien plus sévères à son encontre, ce n'est pas sans raison. Pour les Chinois, l'Hexa­gone est «faible»: héritage de la po­litique extrêmement conciliante de Chirac - voire ­fa­yotte - et, comme le dit Do­­minique Moïsi des l'Insti­tut français de relations internationales, d'«un budget déficitaire et d'une diplomatie incohérente».

La France est «faible»

Mais ce n'est pas tout. En juillet, Paris prendra la présidence de l'Union européenne. Pour déjouer la perspective - qui se profile sérieusement - d'un boycot­tage de ses Jeux olympiques, Pékin a adopté une stratégie qui semble marcher du tonnerre. Elle tape sur la France pour infléchir la position de l'UE. La Com­mission euro­péen­ne, elle aussi en grand nombre cette semaine à Pékin, peut toujours appeler au dialogue avec le dalaï-lama.

La France, elle, a ses propres émissaires sur place pour répéter que la décision du maire de Paris de faire du dalaï-lama un citoyen d'hon­neur est «une très grave erreur politique». Comme le rappelle Jean-Vincent Brisset, «les Chi­nois n'ont peur que d'une chose: d'une Europe unie et dure avec eux».

Armelle Le Goff
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