PROCHE–ORIENT – Alors que l’ancien président américain a achevé sa tournée dans la région, le mouvement islamique palestinien se dit prêt à certaines concessions…
Alors que l’ancien président américain Jimmy Carter a achevé sa tournée dans la région, le mouvement islamique palestinien se dit prêt à certaines concessions.
Quel bilan peut-on tirer de la visite de Jimmy Carter au Proche-orient?
Jimmy Carter n’est pas décisionnaire dans cette région. Il a davantage un rôle de «passerelle» entre les peuples. «Le fait qu’il représente sa fondation et une partie de l’opinion américaine peut juste influencer, voire assouplir, les positions des uns et des autres», souligne cependant Antoine Sfeir, spécialiste du Proche-orient.
Une nouvelle ère dans les relations israélo-palestiniennes?
Lundi, Jimmy Carter avait annoncé que le Hamas accepterait un Etat palestinien dans les frontières des 1967, «si les Palestiniens l’approuvent» sous forme de référendum. Une position confirmée mardi par
Khaled Mechaal, que l'ancien président américain a rencontré à Damas. Le chef en exil du bureau politique du Hamas s’est dit prêt à tolérer un voisin hébreu, avec une trêve de 10 ans. Mais en refusant de reconnaître officiellement Israël. Même s’il s’agit d’un petit pas, la déclaration de Mechaal est capitale.
En acceptant de revenir aux frontières de 1967, il offre une nouvelle perspective de négociation alors que les discussions achoppent traditionnellement sur ce point. Un changement de ton favorable à Ismail Hanyieh, le Premier ministre palestinien issu du Hamas, au ton considéré comme plus «modéré». La déclaration de Mechaal tend du coup à isoler les chefs locaux du Hamas, qui tiennent la bande de Gaza, partisans de la ligne dure. En revanche, sa demande que Jérusalem soit la capitale du futur Etat palestinien risque de se heurter à l’opposition des Israéliens.
Questions autour d’un référendum
Plusieurs questions sont en suspens après l’annonce d’un possible référendum du peuple palestinien: ce scrutin concernerait-il les seuls Palestiniens de Gaza et de Cisjordanie ou inclurait-il les exilés? Si ce référendum contraignait le Hamas à déposer les armes, quelles concessions les Palestiniens sont-ils prêts à faire au sujet de Jérusalem ou du droit au retour des prisonniers.
Enfin, un référendum supposerait une réconciliation nationale entre le Fatah du président Mahmoud Abbas et le Hamas du Premier ministre Ismail Hanyieh pour organiser le scrutin. «Ce demi-pas symbolique pourrait en entraîner d’autres, affirme Antoine Sfeir. Un Etat palestinien installé sera obligé de reconnaître son voisin israélien. Mais nous n’en sommes qu’au verbe, attendons que le verbe s’incarne.»
Sandrine Cochard