Au Yankee stadium, les croyants sont divisés sur la visite de Benoît XVI

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Publié le 20 avril 2008.

ETATS-UNIS - Reportage au dernier jour de la visite du pape...

On guettait les faux-pas du théologien rigoriste, mais dimanche, au dernier jour de la première visite de Benoît XVI aux Etats-Unis, l’Amérique s’étonnerait presque de la ferveur suscitée par sa venue. Ce dimanche, au terme d’une semaine où il a voulu rasséréner les 64,8 millions de catholiques américains, le pape a célébré la messe devant 60.000 personnes au Yankee stadium, après s’être recueilli le matin sur le site de Ground Zero.

Au milieu de marchands du temple aux bras chargés de badges et de tee-shirts du souverain pontife, les badauds s’amassent derrière les grilles qui les séparent du temple du base-ball du Bronx. Quelques évangéliques extrémistes prophétisent l’anéantissement prochain de l’Amérique. Plus loin, des parents brandissent les photos de victimes d’abus sexuels commis par des prêtres catholiques.
Le sujet a dominé la visite papale. En avouant mardi dernier, avant même d’atterrir à Washington, sa «profonde honte» devant le scandale qui a éclaté depuis 2002 et meurtri l’Eglise catholique (avec 5.000 hommes d’Eglise mis en cause et près de 12.000 victimes sur cinq décennies), Benoît XVI a changé de ton sur cette délicate question. En allant jusqu’à rencontrer jeudi plusieurs victimes, et en revenant sur le sujet à plusieurs reprises, il a cherché à rassurer une Eglise déboussolée.

«Je ne laisserai pas mon fils être enfant de choeur»
 
Les croyants venus l’apercevoir en tirent des conclusions contrastées. Denise Helm, 60 ans, est venue de Long Island «pour être présente à cet événement très important avec mes petits-enfants. Je sors de cette semaine avec une perspective neuve sur lui. Sa façon de s’adresser aux gens, voir comment il s’est comporté avec des enfants handicapés et avec les familles de victime du 11-Septembre, la chaleur qu’il dégage m’ont touchée… J’aurais souhaité qu’il s’empare du problème de la pédophilie plus tôt, mais je suis impressionnée par la façon dont il a fait face à cette question.»

Beverly Baires, 25 ans, d’origine salvadorienne arrive elle aussi de Long Island avec son fils, Elle est beaucoup moins convaincue: «Je suis très religieuse donc il fallait venir. Mais je suis très déçue. Il n’a pas eu de contact avec nous. Avec des prêtres et des évêques, ça oui, mais pas avec les croyants. Rien à voir avec Jean-Paul II. Sur les affaires de pédophilie, il n’a rien réglé, il a juste fait quelques commentaires sur la question. S’il avait voulu tirer un trait là-dessus, il aurait dû aller à Boston, là où le scandale a éclaté et rencontrer les familles là-bas, pas à Washington. C’est cette question qui nous éloigne de l’Eglise. Même si mes frères l’ont été, je ne laisserai pas mon fils être enfant de chœur.»
De notre correspondant à New York, Gilles Bouvaist
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