ALIMENTATION - ONU, PAM, FMI... Les alertes se multiplient face à l'envolée des prix alimentaires mondiaux...
Face à l'envolée des prix alimentaires mondiaux et aux émeutes meurtrières qu'elle suscite dans plusieurs pays (
>> voir notre diaporama), les grandes organisations internationales multiplient les cris d'alarme.
Dernier en date, celui de Jean Ziegler, rapporteur spécial des Nations Unies pour le droit à l'alimentation. Il a affirmé ce lundi sur les ondes du Bayerischer Rundfunk (radio allemande) que la production massive de biocarburants était aujourd'hui «un crime contre l'humanité» étant donné son impact sur la flambée des prix.
«Une hécatombe annoncée»
Dans un entretien au journal
«Libération» daté de ce lundi, le rapporteur ne mâche pas non plus ses mots. Il prédit que le monde se dirige «vers une très longue période d'émeutes» et de conflits, «une hécatombe annoncée».
La veille, le président de la Banque mondiale avait appelé les gouvernements des pays membres à intervenir d'urgence pour éviter que la crise alimentaire n'appauvrisse encore davantage quelque 100 millions de personnes dans le monde. Robert Zoellick a averti que la crise pourrait avoir pour conséquence «sept années perdues» dans l'éradication de la faim dans le monde.
Il a indiqué que le programme alimentaire mondial (
PAM) avait déjà reçu plus de la moitié des 500 millions de dollars qu'il a demandés à la communauté internationale avant le 1er mai. Mais «ce n'est pas assez». «Il demeure urgent que les gouvernements interviennent», a-t-il souligné.
Un plan équivalent au «New Deal»
Les représentants des pays donateurs ont discuté un plan massif de lutte contre la malnutrition annoncé en début de mois par Robert Zoellick, qui l'a comparé par son ampleur au «New Deal» américains après la grande Dépression. Le dossier sera discuté lors du G8 Finances, en juin au Japon. «Mais, franchement, nous ne pouvons attendre jusque là», a reconnu le président de la banque mondiale.
Le patron du FMI, Dominique Strauss-Kahn, a également fait part de son inquiétude samedi. «Si les prix de l'alimentation continuent à augmenter comme ils le font maintenant, (...) les conséquences seront terribles», a-t-il lancé samedi, ajoutant: «Comme nous l'avons appris dans le passé, ce genre de situations se finit parfois en guerre».
>> Décryptage : Pourquoi les prix alimentaires ont flambé
C. F. (avec agence)
33 Etats La Banque mondiale considère que 33 Etats dans le monde sont menacés de troubles politiques et de désordres sociaux à cause de la montée brutale des prix des produits agricoles et énergétiques.