La révolte gronde. La faim, qui se répand à mesure que les prix des matières premières grimpent, fait monter la fièvre: en Afrique, en Asie, mais aussi dans les Caraïbes. En Haïti, où le prix du riz est passé, en quelques jours, de 35 à 51 dollars (32 euros), la colère ne désarme pas. L'Organisation des Nations unies serait, selon une note interne que s'est procurée «Le Monde», très inquiète des troubles que «l'insécurité alimentaire» pourrait engendrer: «1,2 milliard d'être humains pourraient avoir chroniquement faim d'ici 2025.» La mise en place d'un «New Deal alimentaire», comme proposé par le président de la Banque mondiale, Robert Zoellick, la semaine dernière, est donc urgente. Causes et conséquences d'une crise susceptible de bouleverser la planète.
• Des prix liés à ceux des carburants
En un an, selon la FAO, les prix des céréales ont augmenté de 131%. En première ligne, la hausse du prix du baril qui fait grimper le coût des échanges et, par conséquent, toute la chaîne alimentaire.
• Plus de demande
D'exportateurs, l'Inde et la Chine sont passées au statut d'importateurs, du fait du changement d'alimentation des populations.
• Les biocarburants, facteur aggravant
Les préoccupations climatiques ont contribué à diminuer les surfaces consacrées aux denrées alimentaires au profit des biocarburants.
• Le climat, facteur aléatoire
Alors que depuis plusieurs années les ressources agricoles sont en baisse, le moindre accident climatique peut s'avérer lourd de conséquences. C'est le cas pour le Bangladesh dont les ressources en riz sont insuffisantes à cause des inondations de l'automne dernier.