L’Italie va-t-elle enterrer le système des petits partis?

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Publié le 13 avril 2008.

ELECTIONS - C'est tout l'enjeu des élections. Entretien avec Raffaele De Mucci, professeur de sciences politiques à l’Université Luiss de Rome...

Raffaele De Mucci, professeur de sciences politiques à l’Université Luiss de Rome, décrypte les élections italiennes de ce dimanche.


La formation de deux grands partis, le Parti démocrate de Walter Veltroni, qui rassemble des forces de gauche et du centre et le Peuple de la liberté de Silvio Berlusconi qui regroupe Forza Italia, l’Alliance nationale et la Ligue du Nord, va-t-elle mettre un terme au système des petits partis italiens?


Tout dépend d’abord de l’issue du scrutin. Il faudra voir si chacun recueille au moins 30% du consensus électoral. Sous cette barre, cela signifie automatiquement qu’ils ne seraient pas assez forts pour se passer d’alliance avec certains partis. Je pense notamment à ceux de la gauche radicale, dont Refondation communiste qui risque d’ôter des voix au Parti démocrate ou à La Droite vers laquelle des électeurs déçus par le virage trop centriste du chef de l’Alliance nationale, Gianfranco Fini, pourraient se tourner.

Et si le Parti démocrate et le Peuple de la liberté   dépassent chacun la barre des 30%?
 
Dans ce cas, effectivement l’Italie pourrait enfin s’acheminer vers un système bipolaire qui lui donnerait plus de stabilité politique. Mais à deux conditions. Il faut une volonté commune de la part de la droite, du centre, et de la gauche, pour modifier la loi électorale. Le mode de scrutin actuel, faussement majoritaire, permet difficilement de dégager au Sénat une majorité de gouvernement.

Ensuite, il faut que la classe politique mûrisse culturellement pour renoncer, une bonne fois pour toutes, aux petits pouvoirs individuels. En Italie, il existe 177 partis. Parmi eux, on trouve même celui des «Impuissants Existentiels»! Créer un parti est devenu un véritable sport national. Si un politique décide qu’il faut plus de parkings pour les handicapés, au lieu de consulter les grandes forces déjà existantes pour vérifier s’il peut y avoir une entente commune sur ce point, il crée son propre mouvement. C’est ce qu’il vient de se passer avec le journaliste Giuliano Ferrara. Il a fondé un parti anti-avortement et mène une bataille en solitaire qui risque d’être totalement vaine.
A Rome, Clara Belli
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