PORTRAIT - Le chef de la droite italienne revient en force avec une chanson à l'image de son ego: énorme...
Convaincu d’incarner un modèle pour le président français, Silvio Berlusconi assure que le premier coup de fil qu’il donnera, à l’issue du vote, ce sera à Nicolas Sarkozy. Tiendra t-il sa promesse? Tout dépend des résultats. Mais le candidat de la droite qui se présente avec une nouvelle formation, Le Peuple de la liberté, regroupant son parti Forza Italia, les conservateurs de l’Alliance nationale et les populistes de la Ligue du Nord, se déclare certain de sa victoire.
Toujours propriétaire du groupe Mediaset -véritable empire médiatique- et deu club de foot AC Milan, il se sent jeune, puissant et se dit porteur d’une mission qui l’obsède depuis 14 ans: «sauver l’Italie des communistes». Qu’importe si le PCI est enterré depuis bien longtemps.
Nouveau look, programme flou
Pour démontrer qu’il est aussi tonique que son ami Sarkozy, il a inauguré un nouveau look. Au placard, les complets veston près du corps et les cravates à pois. Le voici en version décontractée-chic: pantalons et vestes noires, fluides. Chemises ou polos bleu nuit. Cheveux chatain-mordoré, visage parfaitement lifté.
Ses arguments électoraux, très flous quand il doit les chiffrer, restent assez identiques à ceux de 2006: «Moins d’impôts, plus de sécurité, moins de bureaucratie, plus d’emplois». Mais un changement n’est pas passé inaperçu: l’hymne de Forza Italia qu’il avait créé pour sa première campagne, en 1994, a été remplacé «Meno male che c’é Silvio!», «Heureusement que Silvio est là!».
Attention : version karaoké
On l’a compris, au fil des ans l’égo de la troisième fortune d’Italie -derrière la famille des rochers Ferrero et le roi des lunettes, Leonardo Del Vecchio-
ne cesse de prendre de l’ampleur. Mais cela ne déplait pas aux millions d’Italiens qui désirent un homme fort au pouvoir.
Ceux qui pensaient après la victoire de Romano Prodi, en 2006, que l’Italie était vaccinée contre le berlusconisme, ses rêves, ses paillettes, ses mensonges, seront déçus. La crise économique et sociale est telle -l’agonie d’Alitalia est d’ailleurs une métaphore de la situation générale- que le pays a vitalement besoin de croire aux promesses de nouvelles opportunités.
A Rome, Clara Belli