Ingrid Betancourt: la mission humanitaire va partir

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Publié le 8 avril 2008.

COLOMBIE - Après le rejet par les Farc…

La mission humanitaire lancée par Paris pour secourir Ingrid Betancourt «va quitter prochainement» la Colombie, a annoncé mardi le ministère des Affaires étrangères, dans un communiqué. Pourtant, lors de la marche blanche organisée par les enfants de l'otage franco-colombienne, dimanche, Bernard Kouchner avait affirmé que «nous n'arrêterons jamais les démarches» pour obtenir la libération d'Ingrid Betancourt. L'annonce de mardi soir fait suite au rejet de la mission par les Farc.

«Comme l'avait dit le président (Nicolas) Sarkozy (...), ce rejet est une faute politique grave en plus d'une tragédie humanitaire», a ajouté le ministère dans un communiqué au nom des trois pays, la France, l'Espagne et la Suisse, participant à la mission partie mercredi de Paris. «Les trois pays facilitateurs prennent acte de la décision du secrétariat de l'Etat-major central des Farc de rejeter la mission médicale qui était destinée à venir en aide à Ingrid Betancourt et aux autres otages les plus affaiblis», selon le communiqué. Ils estiment, selon le texte, «que le maintien de la mission médicale sur place ne se justifie plus pour le moment. Elle devrait ainsi quitter la Colombie prochainement.»

Mardi, les guerilleros ont confirmé une fin de non-recevoir. Les Farc ont qualifié «d'irrecevable» la mission humanitaire envoyée la semaine dernière par Paris pour secourir l'otage franco-colombienne Ingrid Betancourt.

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Le secrétariat de l'état-major central des Farc affirme dans une première réaction officielle, publiée mardi par l'Agence bolivarienne de presse (proche de la guérilla), que la mission française n'est «pas le résultat d'une concertation mais de la mauvaise foi du président colombien Alvaro Uribe à l'encontre du gouvernement français».

Alvaro Uribe reste «l'obstacle principal»

«Nous n'agissons pas sous l'influence du chantage, ni sous l'impulsion de campagnes médiatiques.» Selon la guérilla, la mort du numéro deux des Farc, Raul Reyes, abattu lors d'un raid de l'armée colombienne le 1er mars en Equateur, démontre que le président colombien est «l'obstacle principal et l'ennemi numéro un de l'échange». «Alors que nous faisions des gestes concrets en faveur d'un échange de prisonniers, le président Uribe planifiait et exécutait le lâche assassinat du commandant Raul Reyes», indique le communiqué.

La priorité pour les Farc: libérer les guérilleros prisonniers

«Celui qui ordonne à ses généraux un sauvetage (des otages) par l'armée, a feu et à sang, celui qui offre des millions de dollars, appelant la guérilla à déserter avec les prisonniers, celui-là ne veut pas d'échange», poursuivent les Farc qui soulignent que la libération «des guérilleros emprisonnés en Colombie et aux Etats-Unis sont notre priorité».

Ce rejet de la mission est une «mauvaise nouvelle», a réagi Astrid Betancourt, la sœur de l'otage. «Mais ils laissent la porte ouverte à des négociations plus globales», espère-t-elle.
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