Le président zimbabwéen, Robert Mugabe, prêt à quitter ses fonctions

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Publié le 1 avril 2008.

ZIMBABWE - C'est ce qu'ont indiqué des sources diplomatiques occidentales...

Le président zimbabwéen Robert Mugabe est prêt à quitter ses fonctions, ont indiqué mardi un haut responsable du parti au pouvoir et des sources diplomatiques occidentales.

«Il est prêt à quitter le pouvoir parce qu'il ne veut pas se mettre dans l'embarras en affrontant un second tour» à l'élection présidentielle, a déclaré ce haut responsable de l'Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (Zanu-PF), sous couvert de l'anonymat.

«Seule une personne l'en empêche encore, le chef de l'armée» Constantine Chiwenga, a-t-il ajouté.

Deux responsables diplomatiques européens à Harare ont confirmé qu'un accord de principe avait été conclu entre l'opposition et les proches de Mugabe. «Tout va dans le sens d'un départ en douceur du président Mugabe», a déclaré l'un d'eux.

«Quand on perd une élection, il est temps de quitter la politique»

Robert Mugabe, 84 ans, au pouvoir depuis l'indépendance de l'ancienne Rhodésie britannique en 1980, se présentait samedi pour un sixième mandat face notamment au leader de l'opposition, Morgan Tsvangirai. La victoire de ce dernier semble tellement massive, qu'il aura été impossible pour Mugabe de refuser le verdict des urnes.

Quand il a voté samedi, rapporte la BBC, il a lancé: «Quand on perd une élection, que l'on est rejeté par la population, il est temps de quitter la politique.» Une parole prémonitoire?

Un pays soumis à l'aide alimentaire mondiale

Il laisse en tous cas, un pays exangue. Un pays obligé d'avoir recours à l'aide du Fonds alimentaire mondiale pour survivre aux famines. Un pays qui était pourtant riche lors de son indépendance, considéré comme le grenier à grain de l'Afrique australe, mais dont le secteur agricole a été entièrement démantelé par une réforme agraire, lancée en 2000 et effectuée à marche forcée par Robert Mugabe pour satisfaire une partie de son électorat et de son armée.

L'essentiel de sa politique agricole consistant à exproprier les fermiers blancs, anciens colons britanniques, pour les donner à des Zimbabwéens noirs sans aucune connaissance de la terre. Résultat, ces dernières années la contestation sociale a enflé.

Si au début des années 2000, Robert Mugabe a réussi à calmer les esprits en multipliant le don de terres à ses troupes, la misère réelle de la population a fini par se retourner contre lui.

Clémence Lemaistre
Prudence de l'opposition
Le leader de l'opposition zimbabwéenne, Morgan Tsvangirai, a refusé mardi devant la presse de déclarer sa victoire à l'élection présidentielle, affirmant qu'il préférait attendre les résultats officiels de la commission électorale.
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