Ingrid Betancourt, la détermination plus forte que la maladie

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Publié le 1 avril 2008.

PORTRAIT – De plus en plus affaiblie, l’otage franco-colombienne engage un nouveau bras de fer avec les Farc…

Même affaiblie, Ingrid Betancourt n’est pas du genre à baisser les bras. Les témoignages de ses co-détenus, récemment libérés, confirment la force de caractère de la Franco-colombienne qui a engagé un nouveau bras de fer avec ses ravisseurs, les Forces armées révolutionnaires de Colombie.

>> Retrouvez notre dossier complet sur la rétention d’Ingrid Betancourt

Une résistance enragée
 
Selon deux des quatre parlementaires libérés le 27 févriers, Ingrid Betancourt souffrirait d’une hépatite B chronique. «Elle est très mal, très, très malade. Elle est épuisée, physiquement et moralement», avait ainsi déclaré Luis Eladio Perez peu de temps après sa libération. Pire, elle endurerait les mauvais traitements des Farc. Selon lui, «Ingrid est très durement maltraitée. Ils (les autres prisonniers, nldr) ont passé leur colère sur elle et les Farc l'ont enchaînée dans des conditions inhumaines» après qu’elle a tenté de s’évader plusieurs fois. Selon Gloria Polanco, une autre des otages libérés citée par France Info, elle serait «proche de la fin».

Car depuis son enlèvement, le 23 février 2002, Ingrid Betancourt n’a eu de cesse de se rebeller contre ses ravisseurs. Elle tente de s’échapper plusieurs fois en pleine jungle, tant et si bien que les Farc lui sanglent les mains et les pieds. Un traitement habituellement réservé aux hommes. Mais son état de santé, très détérioré, n’entame pas sa détermination: la Franco-colombienne refuserait désormais de s'alimenter et de prendre des médicaments, a affirmé lundi la radio privée Caracol qui cite une source des services de renseignements de l'armée colombienne.
 
Résignée?

Une seule fois, Ingrid Betancourt paraît résignée. Une vidéo tournée par les Farc la montre affaiblie, immobile, inhabitée. Une lettre suit, poignante. «Je vais mal physiquement. Je ne me suis pas réalimenté, j’ai l’appétit bloqué, les cheveux me tombent en grandes quantités. Je n’ai envie de rien. Je crois que c’est la seule chose de bien, je n’ai envie de rien car ici, dans cette jungle, l’unique réponse à tout est «non». Il vaut mieux donc, n’avoir envie de rien pour demeurer au moins libre de désirs», écrit-elle. Et de préciser, quelques paragraphes plus loin: «Ici, nous vivons comme des morts». Une analyse funèbre que ses proches font tout pour éviter qu’elle ne se réalise.
Sa. C.
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