POLEMIQUE - En Occident comme en Orient...
La diffusion du
film anti-islam «Fitna» du député d'extrême droite néerlandais Geert Wilders fait réagir à travers le monde. Globalement, la démarche est critiquée. Petit tour des condamnations, d’Occident en Orient.
En Occident
Le Premier ministre néerlandais Jan Peter Balkenende: «Le film amalgame islam et violence, nous rejetons cette interprétation», a-t-il déclaré. «Nous regrettons que M. Wilders ait diffusé ce film.» «Nous pensons qu'il n'a d'autre but que d'offenser. Mais se sentir offensé ne doit jamais être une excuse pour l'agression ou la menace.»
La communauté musulmane des Pays-Bas: «Nous voulons faire savoir à nos frères musulmans à l'étranger que nous sommes les mieux placés pour analyser les Pays-Bas et analyser Wilders et savoir comment réagir à la situation», déclare le président de Conseil national des Marocains, Mohamed Rabbae. Lors d'une conférence de presse dans une mosquée de Slotervaart à Amsterdam, quartier à majorité immigrée où a grandi l'islamiste radical maroco-néerlandais Mohamed Bouyeri, meurtrier en novembre 2004 de Theo van Gogh, il ajoute: «Nous appelons nos frères musulmans à suivre notre stratégie et à ne pas réagir par des attaques contre des ambassades ou des touristes néerlandais. Causer du tort aux Pays-Bas, c'est nous causer du tort. Nous conseillons aux mosquées de conseiller le calme. Nous nous sentons offensés par le lien entre la violence et l'islam, mais nous connaissons le bonhomme, la meilleures réponse est une réponse responsable.»
Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon: «Je condamne dans les termes les plus forts la diffusion du film ouvertement anti-islamique de Geert Wilders. Rien ne justifie un discours de haine ou l'incitation à la violence. Ce n'est pas la liberté d'expression qui est en jeu dans ce cas.»
Le Conseil de l'Europe: son secrétaire général, Terry David, rejette une «image déformée et offensante de l'Islam». Il s'agit d'une «déplaisante manipulation qui exploite l'ignorance, les préjugés et la peur». «C'est un triste jour pour la démocratie européenne lorsque les principes fondamentaux sur lesquels elle repose servent à propager l'intolérance et des stéréotypes profondément offensants.» Le Conseil de l'Europe «défend la liberté d'expression mais, en l'occurrence, nous le faisons en éprouvant beaucoup de déception et d'inquiétude».
La Belgique: elle recommande à ses ressortissants voyageant dans des pays musulmans de «redoubler de prudence» et les invite à informer leurs ambassades et consulats.
Fouad Alaoui, secrétaire général de l'UOIF (Union des organisations islamiques de France): pour lui, le film est «une insulte à la conscience d'un milliard et demi de musulmans». «Il faut faire une distinction entre liberté d'expression et liberté d'insulte», ajoute-t-il estimant que maintenant «la frontière entre les deux est de plus en plus large». «C'est à l'Etat néerlandais de prendre ses responsabilités», indique-t-il encore, estimant que la diffusion de ce film est «une conséquence du non-lieu dont a bénéficié “Charlie Hebdo”».
En Orient
L'Organisation de la conférence islamique (OCI): dans un communiqué, son secrétaire général, le Turc Ekmeleddin Ihsanoglu, s'élève contre le film «diffamatoire» et «insultant pour les sentiments de plus de 1,3 milliard de musulmans dans le monde». Ce film est «un acte délibéré de discrimination pour les musulmans, d'incitation à la haine» car il est destiné «uniquement à provoquer la violence et l'intolérance» religieuse et à «mettre en péril la paix et la stabilité dans le monde». Il exhorte la communauté internationale à «condamner la diffusion du film» et le gouvernement néerlandais, qui a interdit la diffusion du court-métrage aux Pays-Bas, à envisager éventuellement de «poursuivre en justice l'auteur du documentaire selon la loi néerlandaise».
L'Iran: «Cette action répugnante menée par un député néerlandais et une compagnie britannique (qui a hébergé la vidéo, ndlr) démontre la poursuite d'une vendetta de la part de citoyens occidentaux contre l'islam et les musulmans», dit le porte-parole des Affaires étrangères, Mohammad Ali Hosseini. Il dénonce un film «provocateur» et avertit contre «les répercussions» de sa diffusion. Il appelle les gouvernements néerlandais, britannique et l'Union européenne à «agir pour arrêter la diffusion de ce film insultant à l'égard de l'islam».
Avec agence