DIPLOMATIE - L’amitié affichée entre la France et le Royaume-Uni bloque notamment sur la défense...
L’unité de façade est évidente. Nicolas Sarkozy parle de passer de «l’entente cordiale» à
«l’entente amicale» dans les relations entre le Royaume-Uni et la France. Gordon Brown estime qu’il s’agit même d’une «entente formidable».
Mais derrière les grandes déclarations du sommet franco-britannique, les actions concrètes sont peu nombreuses et les désaccords historiques demeurent.
Sur la coopération concernant le
nucléaire civil, qui était censé faire l’objet d’un «partenariat», le
communiqué officiel ne consacre qu’un seul paragraphe en page 14, évoquant seulement «d’améliorer l’efficacité des projets de développement nucléaire».
La
défense est un autre sujet particulièrement difficile. La France veut développer l’Europe de la Défense, tandis que le Royaume-Uni refuse de contourner
l’Otan. «L’Europe de la Défense n’est pas une substitution à l’Otan», tente de rassurer Nicolas Sarkozy.
Mais du côté des états-majors britanniques, la crispation est sensible. «Nous n’attendons pas d’avancées majeures sur la défense dans les mois qui viennent», reconnaît en privé une source diplomatique française. Les Britanniques refusent en particulier de développer des moyens de planification militaire au sein de l’Europe.
Gros dossiers, grosses fâcheries
Certes, de petites avancées concrètes sont possibles. En particulier, les deux pays envisagent de passer un contrat commun pour l’entretien d’avions militaires de transport, les
A400M. De même, des formations communes de pilotes d’hélicoptère sont à l’étude.
Mais plus les projets grossissent, plus les frictions ressurgissent. Sur les
porte-avions en particulier, si le design a été en partie fait en commun, il semble désormais hors de question de les construire ensemble. Le Royaume-Uni a passé commandes de deux bâtiments mais ils seront construits dans les chantiers navals d’Ecosse. Economiquement, c’est inacceptable pour la France, qui envisage d’en réaliser un. Dans les actes, «L’entente formidable» reste encore à prouver.
Eric Albert, à Londres