«Affaire russe»: Le sulfureux «dossier» sur Donald Trump refait parler de lui

ETATS-UNIS Un avocat du président américain a porté plainte contre Buzzfeed pour « diffamation » tandis qu’une sénatrice démocrate a publié un compte rendu de 300 pages très attendu…

Philippe Berry

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Donald Trump, le 9 janvier à la Maison Blanche.

Donald Trump, le 9 janvier à la Maison Blanche. — Evan Vucci/AP/SIPA

  • Un avocat du président américain affirme que le « dossier » sur Trump contient « des mensonges ».
  • Mais le FBI a ouvert une enquête car des éléments du dossier auraient été confirmés par une source au sein de la campagne de Trump.
  • Tout aurait commencé par les confidences alcoolisées d’un conseiller du candidat Trump à un diplomate australien.

De notre correspondant aux Etats-Unis,

Où l’on reparle du fameux « dossier » de recherche d’opposition sur Trump compilé par l’ancien espion britannique Christopher Steele. Mardi, l’un des avocats personnels de Donald Trump, Michael Cohen, cité dans le dossier, a porté plainte contre le site BuzzFeed, qui avait publié le document de 35 pages, pour diffamation.

Dans le même temps, la sénatrice démocrate Diane Feinstein a rendu public le compte rendu de l’audition du patron de Fusion GPS, la firme d’investigation qui a compilé ce rapport commandé par un avocat d’Hillary Clinton et du parti démocrate.

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Poursuites contre BuzzFeed

Michael Cohen, l'un des avocats personnels de Donald Trump, en décembre 2016.
Michael Cohen, l'un des avocats personnels de Donald Trump, en décembre 2016. - Richard Drew/AP/SIPA

« Trop, c’est trop. J’ai porté plainte pour diffamation contre BuzzFeed pour avoir publié un document rempli de mensonges sur Donald Trump et moi-même », a annoncé Michael Cohen, un avocat personnel du président américain. Il affirme que sa réputation a été ternie par la publication du document et jure qu’il n’a jamais rencontré un intermédiaire russe en Europe – et qu’il peut le prouver car il se trouvait en Californie ce jour-là.

Certains éléments du dossier ont été prouvés, comme les contacts entre des conseillers du candidat Trump, notamment Carter Page et George Papadopoulos, avec des intermédiaires russes. D’autres, en revanche, sont inexacts. Et la plupart n’ont, à ce jour, pas été vérifiés, notamment ceux concernant les accusations de collusion entre la campagne de Donald Trump et Moscou, qui détiendrait, selon le rapport de l’ex-agent du MI-6 Christopher Steele, des éléments compromettants à caractères sexuels et financiers sur le président américain.

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C’est le procureur spécial Robert Mueller, nommé par le département américain de la Justice, qui a été chargé de démêler le vrai du faux. Il semble clairement s’intéresser à la piste financière, alors qu’il a demandé à Deutsche Bank de lui fournir des documents sur l’empire de Donald Trump.

Un compte rendu de 300 pages publié

Depuis le début de l’affaire, les Républicains du Congrès affirment que l’enquête ouverte par le FBI est motivée politiquement car elle se base sur ce dossier controversé commandé par les démocrates pendant la campagne. Donald Trump, lui, nie en bloc, et dénonce une chasse aux sorcières. Mais mardi, une sénatrice démocrate leur a coupé l’herbe sous le pied en publiant le compte rendu de 300 pages de l’audition de Glenn Simpson, le patron de Fusion GPS, la firme d’investigation qui a compilé le dossier.

L'ex-espion britannique Christopher Steele, le 7 mars 2017 (capture d'écran).
L'ex-espion britannique Christopher Steele, le 7 mars 2017 (capture d'écran). - CBS

Inquiet par ce qu’il avait découvert, Christopher Steele a contacté le FBI à Rome en juillet. Le point crucial, c’est que selon Glenn Simpson, l’enquête aurait démarré car le FBI disposait d’informations provenant d’un employé de la campagne de Trump confirmant certains éléments du dossier.

George Papadopoulos (photo de profil Linkedin).
George Papadopoulos (photo de profil Linkedin). - AFP PHOTO / LINKEDIN

Selon le Washington Post, tout remonte à mai 2016 : lors d’une soirée arrosée dans un pub londonien, George Papadopoulos, un conseiller mineur de Donald Trump – qui a depuis plaidé coupable et collabore avec le procureur – révèle à un diplomate australien que la Russie disposerait d’informations compromettantes sur Hillary Clinton. En juillet, quand les e-mails piratés du parti démocrate sont publiés par WikiLeaks, le renseignement australien contacte le FBI, qui ouvre une enquête.

La version courte : il est possible que tout ait commencé à cause d’une pinte de trop.