Iran: Le guide suprême accuse les «ennemis» du pays d'être derrière les troubles

MANIFESTATIONS Selon Ali Khamenei, les « ennemis de la République islamique » s’unissent « pour porter atteinte au régime »…

20 Minutes avec AFP

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L'ayatollah Ali Khamenei le 2 janvier 2018 lors d'une allocution télévisée.

L'ayatollah Ali Khamenei le 2 janvier 2018 lors d'une allocution télévisée. — Handout / IRANIAN SUPREME LEADER'S WEBSITE

Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a brisé son silence ce mardi au sixième jour d’un mouvement de contestation sans équivalent depuis 2009 et marqué par des violences. Neuf personnes ont été tuées dans la nuit dans le centre du pays, où des manifestants ont tenté de prendre d’assaut un poste de police.

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Ali Khamenei a ainsi accusé les « ennemis » de l’Iran de s’unir pour porter atteinte au régime. Dans sa première déclaration depuis le début des « événements », l’ayatollah Khamenei a assuré sur la télévision d’Etat que « les ennemis [0de l’Iran] s’étaient unis en utilisant leurs moyens, leur argent, leurs armes […] et leurs services de sécurité pour créer des problèmes au régime islamique ».

« Une occasion pour s’infiltrer et porter des coups au peuple iranien »

Le guide suprême a poursuivi en expliquant qu’ils n’attendaient qu'« une occasion pour s’infiltrer et porter des coups au peuple iranien », sans donner de précisions sur ces « ennemis ». Le président américain Donald Trump, qui a fait de l’Iran une de ses bêtes noires, a plusieurs fois réagi aux manifestations, estimant qu’elles montraient que « le temps du changement » était venu dans le pays.

Ou encore que « le peuple iranien agit enfin contre le régime iranien brutal et corrompu ». « Les gens ont peu de nourriture, beaucoup d’inflation et pas de droits humains. Les États-Unis regardent ! », a poursuivi le président américain.

Six des neuf manifestants tués tentaient de prendre d’assaut un commissariat

Selon la télévision d’Etat, neuf personnes ont été tuées dans la nuit de lundi à mardi dans la province d’Ispahan (centre), dont six manifestants qui tentaient de prendre d’assaut un poste de police à Qahderijan. Au total, 21 personnes (dont 16 manifestants) ont été tuées depuis le début ce jeudi des rassemblements contre les difficultés économiques et le pouvoir.

Les manifestations ont commencé à Machhad (nord-est) avant de se propager rapidement à l’ensemble de l’Iran. Téhéran, capitale de l’Iran, apparaît globalement moins touchée par les protestations antigouvernementales que les villes petites et moyennes mais 450 personnes y ont été arrêtées depuis ce samedi, selon les autorités locales.

Les autorités ont déployé des forces de sécurité supplémentaires pour faire face au mouvement de protestations en cours, qui ne paraît pas être particulièrement structuré, notamment à sa tête.