Non, Trump n'est pas aussi populaire qu'Obama à la même époque

FAKE OFF C'est ce que le président américain affirme, citant Fox News...

P.B.

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Les présidents américains Donald Trump et Barack Obama lors de l'investiture du premier, le 20 janvier 2017.

Les présidents américains Donald Trump et Barack Obama lors de l'investiture du premier, le 20 janvier 2017. — J. Scott Applewhite/NEWSCOM/SIPA

En vacances, Donald Trump a deux passe-temps favoris :  le golf et Twitter. Et parmi ses 33 tweets et retweets de la semaine, on trouve notamment celui-là : « Pendant que les Fake News aiment parler de ma soi-disant faible cote de popularité, @Foxandfriends [une émission matinale de Fox News] vient de montrer que mon score du 28 décembre 2017 est approximativement le même que celui d’Obama le 28 décembre 2009, qui était de 47 %… et ce malgré la couverture médiatique massivement négative de Trump et le hoax de la Russie ! ». Mais ce gros raccourci est loin de la réalité.

Donald Trump cite comme preuve son meilleur sondage, réalisé par Rasmussen, un institut qui penche à droite et utilise des méthodes contestées, et le compare au pire d’Obama (également réalisé par Rasmussen). Là, en effet, il est à 45 % contre 46 % pour Obama après presque un an au pouvoir.

20 points d’écart

Pour avoir une meilleure estimation, il faut regarder la moyenne des sondages compilée par Real Clear Politics. Sa cote de popularité se situe à 39,4 % – avec 56,3 % d’Américains qui désapprouvent son action. Obama, lui, était à la même époque à 49,9 % pour et 44,5 % contre. Si on compare le solde, Trump se situe à -16,9 % de convaincus alors qu’Obama était à +5,4 %. Soit plus de 20 points d’écarts, quand même.

Mais, mais, les instituts se sont trompés et sont passés à côté du phénomène Trump, comment peut-on donc faire confiance à ces chiffres, direz-vous ? En novembre 2016, Trump a créé la surprise dans quelques Etats, ce qui a eu un effet maximum sur le collège électoral. Mais au niveau national, la moyenne des sondages n’avait surestimé le score de Clinton que de 1,2 %.

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Bref, Trump reste bien le président américain le plus impopulaire de l’après-Guerre après un an au pouvoir. Et à moins qu’il ne redresse le tir en 2018, il risque de plomber le parti républicain lors des midterms de novembre prochain. Plus que n’importe quel sondage, la première victoire d’un démocrate dans l’Alabama en 25 ans, le 12 décembre dernier, fait figure d’avertissement.