VIDEO. Le Liberia attend paisiblement le résultat du second tour de l’élection présidentielle

VOTE Le second tour entre George Weah et Joseph Boakai s’est déroulé dans de bonnes conditions, les résultats seront connus dans plusieurs jours…

20 Minutes avec AFP

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Deux membres de la commission électorale surveillent le bon déroulement du vote à Monrovia le 26 décembre 2017.

Deux membres de la commission électorale surveillent le bon déroulement du vote à Monrovia le 26 décembre 2017. — SEYLLOU

  • Le second tour des élections au Liberia entre Weah, l’ancien footballeur star, et Boakai, le vice-président actuel, s’est tenu ce mardi sans accroc.
  • Georges Weah, sénateur depuis 2014 de la province la plus peuplée du Liberia, fait figure de favori (38,4 % des voix au premier tour) dans un pays où il jouit d’une forte popularité.
  • Les résultats sont attendus dans les prochains jours.
  • Le Liberia a subi pendant quatre ans (de 1989 à 2003) une guerre civile sanglante qui a fait environ 250.000 victimes.

La population libérienne patientait ce mercredi dans l’attente de l’élection de leur nouveau président, au lendemain du second tour de la présidentielle. Les deux candidats en lice sont l’ex-star du football George Weah et le vice-président actuel Joseph Boakai.

Le bon déroulement général de ce vote a été largement salué par les observateurs internationaux. Le dépouillement des bulletins de vote a été entamé ce mardi soir et devrait se poursuivre dans les prochains jours jusqu’à la proclamation du nom du vainqueur.

Pas d’alternance démocratique depuis plus de 70 ans

Il succédera alors à Ellen Johnson Sirleaf, seule femme élue chef d’Etat en Afrique et prix Nobel de la paix 2011, qui ne pouvait plus se représenter. Le nouvel homme fort du Liberia sera intronisé le 22 janvier pour un mandat de six ans.

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Dans un pays qui n’a pas connu d’alternance démocratique depuis 1944, « cette transition est cruciale. Si le Liberia la réussit, ça sera une victoire pour lui, pour l’Afrique de l’Ouest et pour l’Afrique en général », a déclaré Goodluck Jonathan, l’ancien président du Nigeria et chef des observateurs du National Democratic Institute (NDI), dont le siège est aux Etats-Unis. Les observateurs de l’UE et du Liberia Elections Observation Network (LEON), un réseau d’associations de la société civile, ont aussi salué l’amélioration de l’organisation du scrutin et son déroulement pacifique.

Les quatorze années de guerre civile ont fait environ 250.000 morts

Le Liberia est un pays anglophone d’Afrique de l’Ouest, meurtri par quatorze ans d’une guerre civile particulièrement atroce (250.000 morts entre 1989 et 2003) puis par l’épidémie d’Ebola, dont il peine à se redresser.

« Jusqu’à présent, tout s’est passé de manière ordonnée. Il s’agit d’une amélioration par rapport au 10 octobre », date du premier tour, a déclaré après la fermeture des bureaux le président de la Commission électorale nationale, Jerome Korkoya. Il a en outre demandé aux deux candidats de s’abstenir de revendiquer la victoire avant la publication des résultats officiels.

Weah reste très populaire auprès de la jeunesse libérienne

Ce mardi, George Weah a voté en milieu de matinée, acclamé par une foule de supporteurs. « C’est un jour historique. Je sais que je vais gagner », a déclaré l’ancien joueur du PSG et de l’AC Milan qui à 51 ans reste très populaire chez les jeunes du pays qui compte quelque 2,1 millions d’électeurs. Le seul Africain à avoir reçu le Ballon d'Or part favori, ayant viré en tête avec 38,4 % des voix.

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Sénateur depuis 2014 de la province la plus peuplée du pays, il a comme colistière Jewel Howard-Taylor, ex-femme de Charles Taylor et influente sénatrice de Bong, autre important réservoir de voix. Et il affirme avoir tiré les leçons de ses deux échecs face au « ticket » présidentiel Sirleaf-Boakai, comme candidat à la présidence en 2005 puis à la vice-présidence en 2011.

Boakai a contesté plusieurs semaines les résultats du premier tour

En face, on ne s’avouait toutefois pas vaincu. « Nous allons gagner ! Parce que le peuple croit en nous et sait que nous sommes les meilleurs », a lancé Joseph Boakai, 73 ans. « Nous accepterons le résultat, sous réserve qu’il respecte toutes les normes », a ajouté celui qui a contesté pendant des semaines l’issue du premier tour.

Le Liberia vit encore sous l’ombre de Charles Taylor, 69 ans, ancien chef de guerre puis président, (1997-2003) condamné par la justice internationale à une peine de 50 ans de prison, qu’il purge en Grande-Bretagne, pour des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre perpétrés en Sierra Leone voisine.