Les violences au Tibet font plusieurs morts

POLITIQUE La communauté internationale appelle à la cessation des violences, la presse chinoise est muselée...

avec agences

— 

Des tibétains passent devant des voitures renversées et des boutiques en flammes sur la place Barkhor, devant le monastère de  Jokhand, vieux de 1400 ans.

Des tibétains passent devant des voitures renversées et des boutiques en flammes sur la place Barkhor, devant le monastère de  Jokhand, vieux de 1400 ans. — STRINGER / REUTERS

Plusieurs personnes ont été tuées vendredi lors des violences à Lhassa, selon le centre des urgences médicales de la capitale du Tibet. De nombreuses autres ont été blessées.

Les autorités chinoises sont intervenues pour mettre fin aux manifestations. Plus tôt, l'ambassade américaine à Pékin et des témoins à Lhassa avaient fait état de coups de feu dans la capitale tibétaine.

«Selon nos contacts sur place, une jeune fille de seize ans a été tuée», a déclaré vendredi matin Marcelle Roux, présidente de l'association France-Tibet.

Le dalaï lama, se disant très «préoccupé», a demandé à la Chine de «renoncer à l'usage de la force.»

Des indendies se sont également déclarés sur le marché de la ville ancienne de Lhassa le Barkhor, qui entoure le principal monastère de la capitale tibétaine. Selon l'association France-Tibet, il s'agirait de voitures de police qui auraient été incendiées.

Manifestations en Chine


Vendredi, Pékin se félicitait pourtant d’avoir ramené le calme à Lhassa en matant les manifestations menées par des moines. Les revendications ont également repris vendredi dans des provinces voisines du Tibet à forte population tibétaine.

Environ 200 personnes emmenées par des moines bouddhistes manifestaient vendredi après-midi (heure locale) à Xiahe, une ville d'une région à forte population tibétaine du nord-ouest de la Chine, le Gansu.

Les médias muselés


Les médias chinois, strictement contrôlés par le régime communiste, ont passé sous silence les violences à Lhassa, vendredi. Seul le service en anglais de l'agence officielle Chine Nouvelle destinée à l'étranger en faisait mention. Le journal du soir la télévision centrale, le plus diffusé, n'a pas évoqué la dégradation de la situation.

L'agence officielle de Pékin Chine Nouvelle, citant le gouvernement régional du Tibet, a cependant affirmé dans la nuit de vendredi à samedi que les troubles à Lhassa avaient été fomentés par «la clique du dalaï-lama».

Aucun des portails internet n'a relaté les manifestations. En tapant «Lhassa» en chinois sur les moteurs de recherche, on aboutissait invariablement à une page «Internet Explorer cannot display the webpage».

Cinq jours de manifestations

Depuis le début de la semaine, des moines bouddhistes manifestent au Tibet et dans les régions avoisinantes, où vivent des minorités tibétaines, à l'occasion du 49e anniversaire du soulèvement de Lhassa qui avait abouti à l'exil du dalaï lama, le chef spirituel des bouddhistes tibétains.

Selon l'organisation de défense des Tibétains «Campagne internationale pour le Tibet», deux moines auraient tenté de se suicider.
Elle affirme par ailleurs que des moines ont été arrêtés, sans en donner le nombre, une information démentie par les autorités chinoises.

La Chine obtient la fermeture de l'Everest

Les pays occidentaux, dont les Etats-Unis et ceux de l'Union européenne, ont appelé vendredi la Chine à la retenue et au respect de la culture tibétaine.

La Maison Blanche a «regretté» vendredi les violences au Tibet et a réclamé de la Chine le respect de la culture tibétaine.

A Bruxelles, les dirigeants européens réunis en sommet ont appelé les autorités chinoises à faire preuve de «retenue». Ils ont adopté un texte «qui demande de la retenue, qui demande que les personnes arrêtées manifestant pour le Tibet (...) soient relâchées.»

Soucieux de préserver ses relations avec la Chine, le Népal a de son côté annoncé vendredi qu'il fermerait au mois de mai l'accès au sommet de l'Everest, au moment du passage de la flamme olympique afin d'empêcher toute manifestation de soutien aux Tibétains.

Mots-clés :

Aucun mot-clé.