SANTE - Cet anti-coagulant puissant, fabriqué à partir d'intestins de porcs provenant de Chine...
Le spectre d'un nouveau scandale sanitaire à l'échelle mondiale se profile. Après les Etats-Unis et l'Allemagne, la France pourrait en effet être touchée par l'affaire de l'héparine contaminée, un puissant anti-coagulant, indiquent
«Les Echos» ce mardi.
Une substance contaminante non-identifiée a été découverte mi-février dans des lots d'
héparine du laboratoire américain Baxter International, liés à au moins 19 décès aux Etats-Unis, selon des responsables de l'Agence américaine des médicaments (
FDA). Les lots avaient tous été produits avec des ingrédients importés de Chine par le fournisseur de Baxter, Scientific Protein Laboratories (SPL), notamment des intestins de porc.
L'Afssaps mène l'enquête
Problème, quelques jours plus tard, l'Allemagne rappelle à son tour des lots d'héparine après plus de 80 cas de réactions allergiques sévères. Or, «l'ingrédient actif des lots incriminés ne provenait pas de Scientific Protein Laboratories, le fournisseur de Baxter», a déclaré Janet Woodcock, directrice adjointe de la FDA. De ce fait, «nous sommes inquiets de la possibilité de la présence de cette substance contaminante dans de l'héparine vendue partout dans le monde».
Du coup, l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (
Afssaps) mène l'enquête, même si «aucun signal d'effets indésirables» n'a été observé pour l'instant. Selon «les Echos», elle a lancé des investigations sur la dizaine de laboratoires qui produisent ce médicament dans l'Hexagone. D'autant que le laboratoire qui a rappelé des lots en Allemagne, la société germanique Rotexmedica, n'est autre que la filiale du laboratoire français Panpharma. Selon l'Afssaps, toutefois, les lots rappelés en Allemagne n'étaient pas destinés à la France.
Un fournisseur chinois jugé inacceptable
La FDA a indiqué que l'agence «ne savait pas encore si ce contaminant a été introduit accidentellement ou de façon délibérée». De son côté, la Chine a promis de nouvelles inspections chez ses dizaines de producteurs d'héparine, selon «Les Echos», mais l'Administration d'Etat de surveillance et de contrôle des aliments et des médicaments (SFDA) a expliqué que «la protection de la légalité, de la sécurité et de la qualité des matières premières importées dans le secteur pharmaceutique relevait de la responsabilité du pays importateur».
La FDA a reconnu en février avoir transgressé ses propres règlements en n'ayant pas inspecté le laboratoire de fabrication de Scientific Protein à Changzhou, en Chine, avant d'autoriser la vente de l'anti-coagulant. Elle a dépêché des inspecteurs de contrôle de qualité dans l'usine le mois dernier qui ont trouvé que certains lots d'héparine avaient été produits avec des composants venant d'un fournisseur chinois jugé inacceptable.
C. F. avec agence