Inquiétude sur la sécurité des avions de ligne après le tir d'un missile nord-coréen

SECURITE Le dernier missile tiré par la Corée du Nord a été aperçu par les équipages de plusieurs compagnies aériennes, selon les autorités du transport aérien...

20 Minutes avec AFP

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La Corée du Nord a testé son nouveau missile balistique intercontinental, le Hwasong-15, le 28 novembre 2017.

La Corée du Nord a testé son nouveau missile balistique intercontinental, le Hwasong-15, le 28 novembre 2017. — SIPA/KCNA/YONHAP

  • Le dernier missile tiré par la Corée du Nord a été aperçu par les équipages de plusieurs compagnies aériennes.
  • De quoi  alimenter les inquiétudes sur la sécurité des avions de ligne face aux tests non annoncés de Pyongyang.

Pas très rassurant. Selon les autorités du transport aérien, le dernier missile tiré par la Corée du Nord a été aperçu par les équipages de plusieurs compagnies aériennes. 

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Le Nord a multiplié cette année les tirs de missiles au mépris des multiples résolutions de l'ONU qui lui interdisent tout programme balistique. Ces tirs ont été condamnés par la communauté internationale ainsi que par les autorités de l'aviation civile. La Corée du Nord a tiré le 29 novembre un missile balistique intercontinental (ICBM) qui a atteint selon Pyongyang une altitude de 4.475 kilomètres avant de s'abîmer à 950 kilomètres à l'est du site de lancement.

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«Un flash correspondant au missile»

«L'équipage d'un avion de Korean Air volant entre Incheon et San Francisco a signalé aux contrôleurs aériens japonais qu'il avait vu un flash correspondant au missile», a déclaré  un porte-parole de la compagnie sud-coréenne. Quatre minutes plus tard, l'équipage d'un vol de Korean Air entre Los Angeles et Incheon a informé le contrôle aérien japonais d'une observation similaire, a-t-il ajouté.

D'après un responsable du ministère sud-coréen des Transports, les deux appareils se trouvaient alors à environ 220 kilomètres du site où le missile s'est abîmé. «Dans un ciel clair et noir, on peut voir de très loin les flashes d'un missile», a-t-il déclar .

D'après le ministère japonais du Transport, ses contrôleurs aériens ont été notifiés de quatre observations de cette nature. Selon un porte-parole de Japan Airlines, l'équipage d'un vol entre Tokyo et Londres a vu «une flamme brillante en train de tomber» au-dessus de la mer du Japon. La compagnie hongkongaise Cathay Pacific avait expliqué lundi que l'équipage d'un vol entre San Francisco et Hong Kong avait aperçu «ce qui ressemblait à la rentrée (dans l'atmosphère)» de l'ICBM.

'L'équipage avait vu le missile «exploser et se désintégrer»

Dans un message aux employés, le directeur général de Cathay Mark Hoey avait ajouté que l'équipage avait vu le missile «exploser et se désintégrer», selon le journal South China Morning Post. David C. Wright, spécialiste de l'Union of Concerned Scientists, explique que le personnel de Cathay a probablement vu la combustion du premier étage du missile, qui est retombé sur Terre.

«L'allumage du deuxième étage et la séparation du premier étage ont pu ressembler à une explosion ayant provoqué la désintégration du missile», écrit-il. L'analyste juge aussi que le «flash» décrit par les pilotes coréens environ une heure après le tir pourrait correspondre à l'échauffement de l'ogive faisant sa rentrée dans l'atmosphère depuis l'espace.

La Corée du Nord a cessé d'annoncer à l'avance ses essais de missiles en 2014. L'Organisation de l'aviation civile internationale (ICAO), l'agence de l'ONU chargée de la sécurité aérienne, avait condamné en octobre les tirs non annoncés, appelant le Nord à respecter les normes internationales de l'aviation pour éviter les risques.