Japon: Une soixantaine de parlementaires visitent le sanctuaire controversé de Yasukuni

JAPON Le sanctuaire honore la mémoire de 2,5 millions de soldats morts pour l'Empire japonais et plusieurs criminels de guerre...

20 Minutes avec AFP

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Des membres du Parlement japonais au sanctuaire Yasukuni, à Tokyo, le 5 décembre 2017.

Des membres du Parlement japonais au sanctuaire Yasukuni, à Tokyo, le 5 décembre 2017. — Masanori Inagaki/AP/SIPA

Le ballet se reproduit plusieurs fois chaque année, et ne manque jamais de provoquer la polémique. Une soixantaine de membres du Parlement nippon ont effectué tôt mardi matin un pèlerinage au sanctuaire Yasukuni à Tokyo, lieu de mémoire de l'ancienne armée impériale japonaise, perçu par Pékin et Séoul comme un symbole du passé impérialiste du Japon.

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Le Premier ministre nationaliste Shinzo Abe n'a pas participé à ce pèlerinage annuel et s'est aussi abstenu, cette fois-ci, d'envoyer des offrandes, selon un porte-parole du sanctuaire interrogé par l'Agence France Presse. Aucun ministre n'a par ailleurs participé à l'événement, a précisé l'assistant d'un sénateur présent mardi à Yasukuni.

Des officiers supérieurs japonais condamnés pour crimes de guerre

Au total, 61 parlementaires, la plupart émanant du Parti libéral-démocrate (PLD) de Shinzo Abe, ont visité le sanctuaire mardi, tandis que 76 autres se sont fait représenter, selon cet assistant parlementaire. Ce pèlerinage se déroule normalement plus tôt en automne, mais avait été reporté cette année en raison de la tenue d'élections législatives anticipées le 22 octobre au Japon, largement remportées par la coalition au pouvoir de du Premier ministre.

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Le sanctuaire Yasukuni honore la mémoire des quelque 2,5 millions de soldats morts pour l'Empire japonais des débuts de l'ère Meiji (1868) jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Cependant, depuis 1978, il honore aussi des officiers supérieurs japonais condamnés pour crimes de guerre par les Alliés après la capitulation du Japon en août 1945. 

Le Japon cherche à réchauffer ses relations avec ses voisins

La Chine et la Corée du Sud, victimes du militarisme nippon dans la première moitié du XXe siècle, vivent comme un affront l'honneur posthume fait à ces personnes. En octobre, Shinzo Abe avait envoyé des offrandes au temple mais ne l'avait pas visité, visiblement désireux de minimiser les protestations éventuelles de la Chine et de la Corée du Sud.

Le Japon cherche notamment à réchauffer ses relations avec ces Etats face à la menace posée par les programmes nucléaire et balistique de la Corée du Nord. Le Premier ministre nippon s'était précédemment attiré les foudres de Pékin et Séoul, ainsi que des remontrances de l'allié américain, en se rendant en décembre 2013 au sanctuaire pour marquer le premier anniversaire de son retour à la tête du gouvernement, après un éphémère premier mandat raté en 2006-2007.

Il s'est abstenu par la suite de venir à Yasukuni, se contentant d'envoyer des offrandes à la place. Shinzo Abe, comme les autres nationalistes nippons, dit voir seulement dans ce sanctuaire un lieu de mémoire des soldats morts pour le Japon, comparable selon lui au cimetière militaire américain d'Arlington, en Virginie (est des Etats-Unis).