La reconnaissance des animaux comme «êtres sensibles» menacée en Grande-Bretagne?

FAKE OFF Les défenseurs des animaux contestent un vote des députés…

Mathilde Cousin

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Un bulldog anglais assis sur un coussin aux couleurs de l'Union Jack, lors d'une compétition à Birmingham en 2011.

Un bulldog anglais assis sur un coussin aux couleurs de l'Union Jack, lors d'une compétition à Birmingham en 2011. — BEN STANSALL / AFP

  • Les députés ont rejeté un amendement qui proposait de transférer la reconnaissance par l’UE des animaux comme « êtres sensibles » dans la loi britannique.
  • Une décision qui les expose à de vives critiques.
  • Le gouvernement s’est engagé à inscrire cette reconnaissance dans la loi.

Les députés britanniques se seraient-ils montrés indifférents au sort des animaux ? Ces derniers se sont vus accuser d’avoir rejeté le 15 novembre dernier un amendement qui proposait de reconnaître les animaux comme des êtres sensibles.

Ce vote a immédiatement suscité l’émoi sur les réseaux sociaux et chez les défenseurs de la cause animale. L’impact de ce vote a largement dépassé les frontières du royaume britannique et certains sites francophones se sont emparés de cet émoi. Ces sites se sont appuyés sur un article du journal britannique The Independent, qui a depuis modifié son article.

FAKE OFF

Quel texte a été réellement voté par les députés ? Pour le comprendre, il faut regarder le contexte de cette décision. Les élus examinaient un texte sur les modalités du Brexit. Il s’agissait de transférer, dans la loi britannique, un texte européen ( l'article 13 du titre I du Traité de Lisbonne), qui reconnaît la sensibilité des animaux. L’amendement, déposé par une députée membre des Verts, a été rejeté à 313 voix contre 295.

Une décision qui a fait bondir la Société royale pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SRPCA). « Ce vote est clairement un pas en arrière pour le bien être animal », a réagi le responsable des affaires publiques. Des pétitions ont été également lancées.

Les députés se sont élevés contre cette interprétation. « Bien sûr, les animaux ont des sentiments », a ainsi réagi Zac Goldsmith, candidat malheureux à la mairie de Londres et député conservateur.

Si l’amendement a été rejeté, ce n’est pas une question de fond, explique Zac Goldsmith, mais pour une question de forme. Les députés ne remettent pas en cause le fait que les animaux sont des êtres sensibles. L’amendement a été rejeté car il était « défectueux. »

« Les animaux doivent être traités comme des êtres sensibles »

Le gouvernement est intervenu deux fois dans le débat, d’abord par l’intermédiaire de la Première ministre elle-même. Theresa May a précisé que « nous reconnaissons que les animaux sont des êtres sensibles et ils doivent être traités comme tels. »

Ensuite, c’est le Secrétaire à l’Environnement, Michael Gove, qui s'est expliqué dans un communiqué, huit jours après le vote : « Ce gouvernement va s’assurer que tous les changements nécessaires pour modifier les lois britanniques seront rigoureux et exhaustifs, ceci afin de s’assurer que la reconnaissance des animaux comme être sensibles est effective après que nous aurons quitté l’UE. »

Michael Gove s’est engagé à trouver le « bon format législatif » pour faire adopter cette reconnaissance.

Un texte perfectible

Offensif, le Secrétaire à l’Environnement a rappelé que le texte européen « n’a pas empêché des pratiques cruelles et douloureuses pour les animaux et répandues dans l’UE. »

La question du bien être animal est une cause qui mobilise régulièrement la Grande-Bretagne. En 2004, la chasse d’animaux sauvages avec des chiens avait été interdite. Quant à la SRPCA, elle a des origines qui remontent à 1824, ce qui en fait la plus ancienne société de protection des animaux au monde.

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