Chine: Lu Wei, l’ancien «tsar» de l’Internet et artisan de la censure, poursuivi pour «corruption»

SCANDALE Lu Wei était une personnalité emblématique de la volonté du gouvernement chinois de contrôler le Web…

20 Minutes avec agence

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Lu Wei, ici en 2015 avec le président Xi Jinping et Mark Zuckerberg, est poursuivi pour corruption.

Lu Wei, ici en 2015 avec le président Xi Jinping et Mark Zuckerberg, est poursuivi pour corruption. — Ted S. Warren/AP/SIPA

C’est un séisme politique en Chine. Lu Wei, l’ancien dirigeant de l’Administration du cyberespace, fait l’objet d’une enquête pour « graves violations à la discipline ». La commission de discipline du Parti communiste chinois (PCC) qui mène les investigations.

Si aucune précision n’a été donnée par les autorités, Lu Wei, surnommé le « tsar » de l’Internet chinois, pourrait bien être accusé de corruption, rapporte Le Figaro ce mercredi.

Un signal fort adressé aux officiels

Le gouvernement du président Xi Jinping souhaite adresser un signal fort à tous les officiels, y compris ceux qui sont haut placés. En effet, le numéro un chinois a annoncé vouloir poursuivre la grande campagne anticorruption lancée depuis son arrivée au pouvoir.

L’ouverture de cette enquête a d’autant plus de poids que Lu Wei était une personnalité emblématique de la volonté de la Chine de contrôler le Web. Reconnu dans son pays mais aussi à l’étranger, notamment par les patrons de géants du secteur comme Facebook ou Apple, il avait même été classé parmi les 100 personnes les plus influentes du monde par le magazine américain Time en 2015.

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Des géants du web toujours bloqués

Cet homme de 57 ans avait été nommé à la tête de la régulation du Net en 2013. Il avait dû quitter son poste au milieu de l’année 2016 au profit de Xu Lin, un proche du président. Lu Wei prônait la souveraineté nationale sur Internet et se défendait des accusations de censure en prétendant que « la liberté sans ordre n’existe pas ».

Pour rappel, la Chine bloque de nombreux sites internet qui menaceraient son autorité. Facebook, Google ou Amazon ne sont pas accessibles depuis ce pays. Et cela ne va pas changer tout de suite, le successeur de Lu Wei ayant encore renforcé la censure sur le Web.

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