Des organisations humanitaires britanniques et françaises ont affirmé jeudi que la situation humanitaire dans la bande de Gaza était la pire depuis l'occupation du territoire par Israël en 1967.
«La situation des 1,5 million de Palestiniens de la bande de Gaza est la pire depuis le début de l'occupation militaire israélienne de 1967», indiquent le rapport. Le document a été élaboré par Amnesty international GB, Care international GB, l'Organisation Catholique pour le Développement d'Outre-mer (CAFOD), Christian Aid, Médecins du Monde GB, Oxfam, Save The Children GB et l'Agence irlandaise de charité et de Développement (Trocaire).
Selon le rapport, le blocus imposé par Israël à Gaza entraînant des pénuries de produits de base et des coupures d'électricité, «constitue une punition collective frappant toute la population de Gaza». En représailles aux tirs de roquettes palestiniennes, Israël a imposé le 17 janvier un blocus à la bande de Gaza, et y mène des attaques quasi-quotidiennes qui ont fait des dizaines de morts.
«La politique de blocus est inacceptable»
La bande de Gaza est contrôlée depuis juin par le mouvement islamiste Hamas, considéré comme une organisation «terroriste» par Israël, l'Union européenne et Washington. «La politique internationale d'isolement du Hamas n'a débouché sur rien de positif, indiquent les ONG. La politique de blocus est inacceptable, illégale et n'apporte la sécurité ni aux Israéliens ni aux Palestiniens», ajoutent-elles.
Elles demandent au Royaume-Uni et à l'UE de «condamner vivement la poursuite du blocus de Gaza et l'utilisation, par le gouvernement israélien, d'une punition collective, ainsi que les violations du droit humanitaire international» qui en résultent.
«Tous les espoirs de paix seront anéantis»
Les organisations dressent un portrait sombre de la situation dans ce territoire populeux, affirmant que 80% de sa population est dépendante d'une aide alimentaire et 40% au chômage. Selon elles, les équipements cruciaux pour la vie des patients des hôpitaux ne peuvent plus fonctionner, faute de pouvoir importer des pièces détachées. En outre, l'effondrement des infrastructures clés a conduit à l'évacuation quotidienne de quelque 50 millions de tonnes d'eaux usées dans la Méditerranée.
«A moins de la fin du blocus maintenant, il sera impossible d'éviter que Gaza ne bascule dans une catastrophe, et tous les espoirs de paix dans la région seront anéantis», a estimé Geoffrey Dennis, un des responsables de Care International UK.
Réagissant au rapport, un porte-parole du ministère israélien de la Défense, Peter Lerner, a imputé la dégradation de la situation à Gaza au Hamas, affirmant qu'Israël veillait à ce que les besoins humanitaires de base de Gaza soient assurés. «La responsabilité pour ce qui se passe à Gaza depuis le retrait israélien et le démantèlement des colonies (en 2005) repose largement sur le Hamas et c'est à lui que toute plainte doit être adressée», a-t-il déclaré dans un communiqué.