ETATS-UNIS - Après la victoire d’Hillary Clinton et de John McCain...
Avec la victoire d’Hillary Clinton au Texas et dans l’Ohio mardi, le parti démocrate s’est engagé dans une longue et coûteuse bataille dont il fait de moins en moins de doute qu’elle pourrait se prolonger jusqu’au 25-28 août, dates de la convention démocrate à Denver dans le Colorado.
La machine républicaine, elle, s’est définitivement rangée en ordre de bataille depuis que John McCain est parvenu, avec ses quatre victoires mardi,
à sécuriser les 1.191 délégués nécessaires à la nomination du candidat à la Maison blanche côté républicain.
Victoires stratégiques de Clinton
Ajoutez à cela l’adoubement officiel de George W. Bush auquel McCain rend visite ce mercredi à la Maison blanche et le retrait de Mike Huckabee, et la route vers les élections de novembre est dégagée côté GOP. Il ne reste plus à McCain qu’à désigner un vice-président,
et à laisser tranquillement le camp d’en face se déchirer.
Si elles ne changent pas vraiment la donne au plan comptable (les deux candidats restent au coude à coude en termes de délégués – 1542 pour Obama contre 1447 pour Clinton selon le site
Real Clear politics,
les victoires stratégiques décrochées par Hillary Clinton au Texas et dans l’Ohio redonnent un puissant élan à sa campagne – au point que la sénatrice de New York
évoque un ticket avec Barack Obama à la vice-présidence (on appelle ça un coup de bluff).
Obama mis à mal dans la presse
Ces victoires affaiblissent également Barack Obama, mis à mal par
le volte-face d’une presse jusque-là plutôt clémente à son égard. Plusieurs zones d’ombre de son parcours ont ressurgi:
ses relations avec Tony Rezko, un promoteur immobilier véreux de Chicago dont le procès commence cette semaine, et la gestion désastreuse de son pas de deux sur
les accords de libre-échange avec l’Amérique du Sud et le Canada… Hillary Clinton ayant dans le même temps durci le ton sur les enjeux de sécurité nationale (avec
la fameuse publicité du coup de fil à trois heures du matin et retrouvé son prestige auprès de l’électorat middle, working class et hispanique, Barack Obama a indéniablement perdu de sa superbe et va devoir ramer pour convaincre.
Comment les démocrates peuvent-ils continuer à débattre sans lasser? Pas sûr que le public américain soit prêt à suivre encore cinq mois de joutes verbales aigres-douces. Avec
deux camps de plus en plus antagonistes, des super-délégués sommés encore un peu plus de choisir leur camp (quoiqu’il arrive, leur appui sera nécessaire pour atteindre la barre des 2.025 délégués) et le squelette des primaires fantômes de Floride et du Michigan dans le placard, le parti démocrate a beaucoup de plumes à perdre. Les républicains, eux, affûtent leurs armes, en attendant la guerre totale.
Gilles Bouvaist, à Columbus, Ohio