Israël: Pour pouvoir divorcer, une femme renonce à poursuivre son mari violent

JUSTICE Pour se séparer d’un mari violent, la jeune femme a accepté les conditions entérinées par le tribunal rabbinique mais en conteste aujourd’hui la validité avec l’aide d’une association…

20 Minutes avec agence

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Pour divorcer, une Israélienne a dû renoncer à poursuivre en justice son mari pour violences (illustration)

Pour divorcer, une Israélienne a dû renoncer à poursuivre en justice son mari pour violences (illustration) — SUPERSTOCK/SIPA

Mavai Satum est une ONG qui défend les femmes dont les maris refusent de divorcer en Israël. Elle dénonce le cas d’une ultraorthodoxe qui a dû renoncer à poursuivre son époux violent en justice afin que ce dernier accepte leur séparation officielle, actée en février 2016, rapporte ce vendredi Le Monde.

La loi juive stipule en effet que le divorce ne peut être prononcé sans le consentement du mari.

Pour le tribunal rabbinique, la loi juive prime

Le conjoint de cette Israélienne de 30 ans a exigé qu’elle ne dépose aucune plainte relative aux violences, notamment sexuelles, dont elle disait être victime depuis le début de leur mariage. Après avoir encouragé et entériné cet accord entre les deux époux, le tribunal rabbinique de Jérusalem a finalement prononcé le « guet », divorce religieux.

Mais les juges ont également demandé à la jeune femme de ne pas donner suite à la procédure au civil qu’elle avait lancée pour contester les termes du divorce. Le tribunal rabbinique estimait en effet que c’est la loi juive qui primait sur toute autre instance. Cette mère de deux enfants s’était aussi vue ordonner l’obligation de ne pas parler de l’accord de divorce.

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« Ils craignent pour la pérennité de la loi juive »

La jeune femme est partie vivre chez sa mère et est restée discrète par peur des représailles des membres de son ancien entourage, particulièrement conservateurs. Mais aujourd’hui, avec le soutien de Mavai Satum, elle a décidé de contester le comportement des membres du tribunal rabbinique.

Le parquet général a été saisi d’une demande d’enquête sur ces juges à la demande de Batya Kehana-Dror, l’avocate qui défend la mère de famille. « Toute la société change et devient plus libérale. Le problème vient du fait que certains tribunaux religieux se radicalisent, car ils craignent pour la pérennité de la loi juive et de la cellule familiale traditionnelle. […] Ce qu’ils ont fait est totalement illégal et va à l’encontre du code pénal en matière criminelle », explique l’avocate.

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