Donald Trump est arrivé mardi en Corée du Sud pour une deuxième étape sensible de sa tournée asiatique, promettant en dépit de divergences marquées avec Séoul sur le dossier nucléaire nord-coréen, de « régler tout ça ».

La Corée du Nord était déjà au cœur de l’escale japonaise de son marathon asiatique, au moment où les tensions sont particulièrement élevées sur la péninsule divisée. Mais si le bouillant président américain a plusieurs fois affiché sa proximité avec le Premier ministre japonais Shinzo Abe, ses relations avec le président sud-coréen de centre-gauche Moon Jae-in ont jusqu’à présent été beaucoup moins chaleureuses.

« On va régler tout ça »

L’avion présidentiel Air Force One s’est posé peu avant 12h30 (4h30, heure française) sur la base aérienne d’Osan, près de Séoul, où Donald Trump et son épouse Melania ont été accueillis par la ministre sud-coréenne des Affaires étrangères Kang Kyung-wha.

« Je me prépare à partir pour la Corée du Sud et des réunions avec le président Moon, un homme de valeur, avait déclaré un peu plus tôt le milliardaire dans un tweet au Japon. On va régler tout ça. »

Un message apparaissant beaucoup plus mesuré qu’un précédent tweet, quand il avait accusé en septembre Moon Jae-in, partisan d’un dialogue avec Pyongyang, de défendre une politique « d’apaisement » vouée à l’échec. Cette pique avait été mal perçue à Séoul, car assimilant implicitement le président sud-coréen à Neville Chamberlain, artisan de la politique britannique d’apaisement vis-à-vis d’Adolf Hitler à la fin des années 1930.

« On trouve toujours une solution, il faut qu’on trouve une solution »

« Au final, on trouvera une solution » au problème nord-coréen, a promis en début d’après-midi Donald Trump à Camp Humphreys, QG des 28.500 militaires américains stationnés en Corée du Sud, à 90 km au sud de Séoul. « On trouve toujours une solution, il faut qu’on trouve une solution », a-t-il ajouté.

De son côté, Moon Jae-in - dont les parents avaient été évacués du Nord pendant la Guerre de Corée (1950-1953) par un navire américain - a salué la relation historique avec Washington. « On dit que c’est dans le besoin qu’on reconnaît un vrai ami, a déclaré à Donald Trump le président sud-coréen. Les Etats-Unis sont un vrai ami qui a été avec nous et qui a versé son sang à nos côtés quand nous étions dans le besoin. »

Mais, alors que la capitale sud-coréenne est inquiète de se savoir à portée de l’artillerie sud-coréenne, Séoul demande à Washington qu’aucune intervention militaire contre Pyongyang ne se fasse sans son consentement préalable.

« Nous chérissons nos vies autant que les Américains chérissent la leur »

La Corée du Sud n’en a pas moins déroulé le tapis rouge pour Donald Trump. L’enjeu, pour Séoul, est d’obtenir des assurances sur la solidité de l’alliance bilatérale, en dépit de la personnalité d’un président américain qui avait promis « le feu et la colère » à Pyongyang.

La population sud-coréenne est divisée face à Donald Trump, qui est l’objet de manifestations de sympathie et de défiance depuis ce week-end à Séoul. « Les Coréens ont beau être calmes au sujet de la guerre des mots entre Trump et Kim, nous chérissons nos vies autant que les Américains chérissent la leur et la perspective d’une guerre nous effraie », observait mardi dans un éditorial le Korea Times. Avant d’ajouter au sujet du président américain : « Ses "bombes rhétoriques" disent tout. »