VIDEO. Egypte: «C’est un devoir national de violer une femme» qui porte un jean déchiré, estime un avocat

POLEMIQUE L’homme a tenu ces propos à la télévision lors d’un débat concernant un projet de loi sur la prostitution…

D. D.

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L'avocat égyptien Nabih al-Wahsh montrant la taille des trous dans le jean des femmes qu'il faut violer par « devoir national ».

L'avocat égyptien Nabih al-Wahsh montrant la taille des trous dans le jean des femmes qu'il faut violer par « devoir national ». — Capture d'écran Al-Assema

Des déclarations hallucinantes. Lors d’un débat sur un projet de loi sur la prostitution, Nabih al-Wahsh, un avocat égyptien conservateur a déclaré, fin octobre sur la chaîne Al-Assema, que les femmes portant des vêtements tels que des jeans déchirés devaient être harcelées sexuellement ou violées.

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Le juriste, jouissant d’une grande notoriété dans le pays, a commencé par demander si ses interlocuteurs sur le plateau étaient heureux lorsqu’ils voyaient une fille marcher dans la rue avec la moitié de son jean déchiré au niveau des fesses. Ce à quoi il a lui-même répondu : « Je dis que quand une fille marche comme ça, c’est un devoir patriotique de la harceler sexuellement et un devoir national de la violer. »

Le Caire, métropole la plus dangereuse au monde pour les femmes

Cette remarque a provoqué une vague d’indignation à travers le pays et dans le monde, au beau milieu du scandale Harvey Weinstein et des multiples allégations de violences sexuelles qui touchent les milieux politiques et artistiques notamment. Le Conseil national égyptien pour les femmes a annoncé son intention de déposer une plainte contre la chaîne de télévision. Elle a aussi lancé un appel aux médias pour qu’ils s’abstiennent de fournir une plate-forme aux personnes incitant à la violence contre les femmes.

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Le Conseil national a également déclaré qu’il déposerait une plainte contre Nabih al-Wahsh lui-même. Comme le rappelle L’Orient Le Jour, en Egypte  le harcèlement des femmes et les violences sexuelles atteignent des proportions alarmantes. Une étude publiée le mois dernier par le magazine américain Forbes octroyait même au Caire la première place du classement des villes de plus de 10 millions d’habitants les plus dangereuses pour les femmes. Pour rappel, plusieurs cas de viols de journalistes étrangères place Tahrir avaient été rapportés pendant la révolution de 2011.