VIDEO. Attentat à New York: Le suspect se dit «satisfait» de son acte, qu'il préparait «depuis un an»

ETATS-UNIS Sayfullo Saipov, un Ouzbek de 29 ans, a été transporté en chaise roulante au tribunal, où les deux chefs d’accusation lui ont été signifiés mercredi soir...

M.C. avec AFP

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Une photo de Sayfullo Saipov montrée lors d'une conférence de presse de la police new-yorkaise, le 1er novembre 2017.

Une photo de Sayfullo Saipov montrée lors d'une conférence de presse de la police new-yorkaise, le 1er novembre 2017. — Craig Ruttle/AP/SIPA

Interrogé par les enquêteurs, l’homme qui a fauché passants et cyclistes, faisant huit morts et 12 blessés à New York mardi, a revendiqué son appartenance à Daesh et déclaré être « satisfait » de son acte, a indiqué mercredi soir le parquet fédéral, qui l’a inculpé pour terrorisme.

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Selon la plainte déposée par le parquet fédéral après des interrogatoires à l’hôpital, où Sayfullo Saipov, un Ouzbek de 29 ans arrivé aux Etats-Unis en 2010, avait été transporté après avoir été blessé lors de son arrestation mardi, l’homme n’a montré aucun regret après sa virée mortelle, se disant « satisfait de ce qu’il a fait ». Il a même demandé à pouvoir déployer le drapeau noir de Daesh dans sa chambre d’hôpital, selon les enquêteurs.

Il prévoyait de faucher des piétons jusqu’au pont de Brooklyn

Inspiré par de nombreuses images de propagande du groupe djihadiste retrouvées dans ses deux téléphones portables, il préparait son attaque « depuis un an environ » et s’était décidé pour une attaque au camion bélier il y a deux mois, indique la plainte du procureur. Il a précisé avoir loué un camion le 22 octobre pour s’entraîner, et choisi le jour d’Halloween « pour être sûr qu’il y aurait beaucoup de gens dans les rues, » ajoute la plainte.

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Après sa virée, il a crié « Allah Akhbar » (« Dieu est grand », en arabe) en sortant de son véhicule. S’il n’avait pas heurté un bus scolaire, Saipov prévoyait de faucher des piétons jusqu’au pont de Brooklyn, qui relie Manhattan à Brooklyn, a encore précisé le parquet. Saipov a aussi reconnu être l’auteur des écrits en arabe mentionnant Daesh retrouvés à proximité du camion par les enquêteurs.

Une procédure qui permettrait de requérir la peine de mort

Si le parquet a souligné que l’enquête était encore loin d’être terminée, tous ces éléments ont permis d’inculper rapidement Saipov. Il est déjà cité pour deux chefs d’inculpation fédérale - violence et destruction de véhicules et soutien à une organisation terroriste étrangère, qui l’exposent à la prison à perpétuité. Le procureur de Manhattan, Joon Kim, a même évoqué une procédure qui permettrait de requérir la peine de mort.

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Le suspect du premier attentat meurtrier perpétré à New York depuis le 11-Septembre a été transporté en chaise roulante au tribunal, où les deux chefs d’accusation lui ont été signifiés mercredi soir. Il a ensuite été incarcéré dans une prison new-yorkaise, selon le bureau du procureur.

Trump veut envoyer le suspect à Guantanamo

Les liens de Saipov avec Daesh désormais avérés, le président Trump a demandé l’arrêt immédiat du programme d’octroi de visas par loterie dont Saipov aurait bénéficié. Le président a également évoqué la possibilité de l’envoyer à la prison de Guantanamo. La Maison Blanche a aussi jugé qu’il pourrait être considéré comme un « combattant ennemi », ce qui permettrait potentiellement de limiter les droits de la défense.

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La police a souligné qu’elle cherchait notamment toujours à savoir comment il s’était radicalisé après son arrivée aux Etats-Unis. Chauffeur d’Uber, Saipov fréquentait la mosquée de Paterson, ville à 60 kilomètres de New York où il s’était installé récemment, après avoir d’abord travaillé comme chauffeur de poids lourds en Floride, selon plusieurs médias américains.

Connu de la police pour des infractions au code de la route, Saipov n’avait « jamais fait l’objet d’une enquête » du FBI ou d’autres services antiterroristes, avait précisé plus tôt la police new-yorkaise.

Des responsables new-yorkais mettent en garde contre toute stigmatisation de la communauté musulmane

La chronologie fournie mercredi par la police montre que sa virée meurtrière, sur une promenade très fréquentée du sud-ouest de Manhattan, en pleine fête d’Halloween, a été ultra-rapide : il a loué la camionnette bélier dans le New Jersey juste après 14h, ralliant rapidement Manhattan avant de foncer autour de 15h sur la promenade qui longe l’Hudson River. Après quelques minutes, il rentrait dans le bus scolaire et était rapidement appréhendé par les policiers.

Le maire démocrate de New York, Bill de Blasio, a assuré mercredi qu’il n’y avait « aucune autre menace » planant sur New York, métropole de 8,5 millions d’habitants parmi les villes les plus touristiques au monde.

Les mesures de sécurité ont néanmoins été renforcées. La police a indiqué avoir doublé ses effectifs dans les lieux stratégiques, gares et aéroports, en prévision notamment du marathon de New York dimanche, qui attire chaque année plus de 50.000 coureurs et quelque 2,5 millions de spectateurs.

Bill de Blasio et d’autres responsables de New York ont mis en garde contre toute stigmatisation de la communauté musulmane. Le gouverneur démocrate Andrew Cuomo a même accusé Donald Trump de « faire le jeu des terroristes » en essayant de « diviser et effrayer ».