• Le suspect interpellé par la police new-yorkaise serait âgé de 29 ans.
  • Il serait arrivé aux Etats-Unis en 2010 et disposerait d’un titre de séjour.
  • Plusieurs auteurs d’attentats récents commis en Turquie, en Suède ou en Russie étaient de nationalité ouzbek.

Il aura fallu moins de quelques heures aux autorités américaines pour identifier l’auteur présumé de l’attaque survenue mardi après-midi à New York. Âgé de seulement 29 ans et installé aux Etats-Unis depuis 2010, l’homme serait originaire d’Ouzbékistan. Depuis plusieurs années, ce pays d’Asie centrale et ancienne république soviétique est gouverné par un régime dictatorial. L’attentat du 31 octobre qui a provoqué la mort de huit personnes interroge sur l’ampleur de la mouvance radicale au sein de la population ouzbek.

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René Cagnat, spécialiste des questions du centre asiatique et chercheur associé à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) a vécu en Ouzbékistan avant de s’installer au Kirghizstan. Ses recherches portent actuellement sur la montée de l’islam dans la région.

Quelle est l’ampleur du mouvement islamiste radical en Ouzbékistan ?

Il s’agit avant tout d’un mouvement clandestin, sous-terrain. L’Ouzbékistan est encore sous l’emprise d’une dictature qui ne laisse rien passer. Les Ouzbeks radicaux sont très actifs à l’étranger et partent souvent au Kirghizstan voisin ou au Tadjikistan où ils sont moins gênés aux entournures.

Il y a également une minorité très agissante en Turquie. L’auteur de l’attentat à Istanbul la nuit du réveillon l’année dernière était par ailleurs ouzbek, tout comme l’auteur de l’attentat du métro de Saint-Pétersbourg ou celui de l’ attentat survenu à Stockholm en avril dernier. On sait aussi qu’il y a un très fort contingent en Syrie dans les rangs de Daesh comme en Afghanistan quelques années auparavant.

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Comment l’expliquez-vous ?

A la fin des années 1990, après la chute de l’Union soviétique, il y a eu des attentats très importants revendiqués par le MIO, le mouvement islamique d’Ouzbékistan. La réponse apportée par le régime ouzbek a été particulièrement répressive avec de très nombreuses arrestations, notamment dans la vallée de Ferghana. Les Ouzbeks les plus radicaux sont partis, notamment au Kirghizstan où ils pouvaient se « défouler » et où les grands groupes comme Al-Qaida ou Al-Nosra et aujourd’hui Daesh ont des relais.

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Y a-t-il une résurgence de ces mouvements dans la région ?

Cette résurgence ne se produit pas en Ouzbékistan. C’est mission impossible. La population est tenue en main, les milices sont extrêmement présentes, les communications surveillées. Mais le terrain turc est beaucoup plus exposé. Le nord de l’Afghanistan où se trouvent déjà de nombreux djihadistes attire également de plus en plus de candidats au djihad.