REACTIONS - Nicolas Sarkozy s'est dit prêt à aller la chercher lui-même...
Les nouvelles alarmantes concernant l’état de santé d’Ingrid Betancourt,
qui souffrirait d’une hépatite B chronique, ont provoqué l’émoi en France et au sein de la communauté internationale.
Depuis l’Afrique du Sud, le président
Nicolas Sarkozy s'est dit «prêt à aller chercher lui-même l'otage franco-colombienne à la frontière entre le Venezuela et la Colombie si c'était une condition posée par les Farc» (
voir la vidéo en cliquant ici).
Mercredi soir, le président du Venezuela,
Hugo Chavez, avait aussitôt demandé au chef des Farc, Manuel Marulanda, de transférer de toute urgence en lieu sûr la Franco-Colombienne,
retenue depuis plus de six ans.
«Maman est en train de mourir»
Le président vénézuélien a expliqué qu'il allait envoyer un message par les canaux dont il dispose pour tenter d'obtenir la libération de l'ancienne candidate à l'élection présidentielle colombienne.
Du côté des proches d’Ingrid Betancourt, c’est l’angoisse, même si les nouvelles relatives à son état de santé ne sont pas une surprise. Son problème d’hépatite était connu depuis les années 1990, ont affirmé son ex-mari
Fabrice Delloye ainsi que sa sœur,
Astrid Betancourt. Cette dernière a réclamé de toute urgence l’envoi d’une assistance médicale avant que l’otage puisse être libérée. Sur ce point, elle s’est montrée la plus optimiste de la famille. Selon elle, «les Farc n'ont pas exclu de libérer unilatéralement» sa sœur, expliquant que la guérilla, qui veut obtenir d'être rayée de la liste des organisations terroristes, a compris qu'elle devait «se conformer au droit international» et ne plus prendre d'otages civils.
Les enfants d’Ingrid Betancourt sont plus inquiets.
Melanie Delloye, sa fille, s'est dite «extrêmement angoissée». «C'est extrêmement inquiétant, et je sais que le temps nous est vraiment compté. Maman est vivante, mais je ne sais pas pour combien de temps, et je sais qu'il faut qu'on la sorte de là le plus vite possible», a-t-elle imploré sur RTL ce jeudi. «On n'a plus le temps. Maman, l'être que j'ai de plus cher au monde est en train de mourir», a ajouté, au bord des larmes, son fils,
Fabrice Delloye.
Au sein de la classe politique française, le ton est également à l’urgence. Le Premier ministre
François Fillon a averti les Farc que la vie d'Ingrid Betancourt était «vraiment de (leur) responsabilité», ajoutant que la survie de l'otage était une «question, sans doute, de semaines».
Une journée des municipales «consacrée à Ingrid Betancourt»
Le ministère des Affaires étrangères
Bernard Kouchner s'est lui aussi déclaré «très préoccupé» et appelé à «sa libération immédiate». La secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme
Rama Yade a pour sa part mis en garde la guérilla colombienne des Farc en soulignant que sa responsabilité était «engagée», qu'elle devrait «répondre de la santé d'Ingrid Betancourt» et n'avait «pas intérêt» à la retenir plus longtemps.
Le député maire de Bègles (Gironde)
Noël Mamère (Verts) a lui aussi lancé un appel à «toutes les forces politiques de suspendre durant une journée la campagne des municipales pour la consacrer à Ingrid Betancourt».
Un appel relayé par l'ex-parlementaire Consuelo Gonzalez, libérée en janvier avec l'ex-directrice de campagne d'Ingrid Betancourt, Clara Rojas, qui a fondu en larmes. «Président Uribe. Donnez-nous la main pour que mes compagnons retrouvent la vie», a-t-elle lancé.
C.F. (avec agence)