Le général Kelly défend Trump et fait taire les journalistes

ETATS-UNIS Le «chief of staff» de la Maison Blanche, qui a perdu son fils en Afghanistan, est revenu sur l'appel de Donald Trump à la veuve d'un soldat tué au Niger...

P.B. avec AFP

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Le secrétaire général de la Maison Blanche, John Kelly, le 19 octobre 2017.

Le secrétaire général de la Maison Blanche, John Kelly, le 19 octobre 2017. — Pablo Martinez Monsivais/AP/SIPA

Soudain, la salle de presse de la Maison Blanche s’est figée. L’ancien général des Marines John Kelly a défendu jeudi avec émotion l’appel controversé de Donald Trump à la veuve d’un soldat, évoquant la mort de son propre fils en Afghanistan.

Le général en retraite, devenu en juillet secrétaire général de la Maison Blanche (« Chief of staff »), a raconté avoir eu « le coeur brisé » en entendant l’élue démocrate Frederica Wilson révéler à l’Amérique la teneur de cet appel. « Je suis sidéré qu’une élue du Congrès ait pu écouter cette conversation. Je pensais que cela, au moins, était sacré », a lancé cet ancien chef militaire qui a combattu en Irak. Il a encore demandé aux journalistes si l’un d’eux appartenait à une « gold star family » ces familles de soldats tombés au front. Personne n’a levé la main.

« Il savait ce pour quoi il s’engageait »

Le sergent La David T. Johnson, 25 ans, est mort dans une embuscade au Niger début octobre. Alors qu’elle était en route pour accueillir son cercueil, son épouse, Myeshia Johnson, a reçu un appel de Donald Trump dans la voiture dans laquelle se trouvait aussi Frederica Wilson, élue démocrate à la Chambre des représentants.

Cette dernière a déploré, sur les chaînes de télévision américaines, les mots choisis par le président américain. « Je l’ai entendu dire ''Je suis sûr qu’il savait ce pour quoi il s’engageait'' », a-t-elle notamment raconté, jugeant qu’il avait « un coeur de pierre ».

Son fils tué en Afghanistan

« A sa façon, il a essayé d’exprimer le fait que c’était un soldat courageux, un héros tombé pour le pays (…) qui s’était engagé car c’était précisément là qu’il voulait être », a souligné John Kelly, ne contestant pas explicitement la version donnée par l’élue mais soulignant combien un tel exercice était difficile pour un président.

« Quand j’étais enfant, nombre de choses étaient sacrées dans notre pays », a-t-il encore dit. « Un jeune homme ou une jeune femme qui donne sa vie pour son pays (…) essayons que cela au moins reste sacré », a ajouté Kelly dont le plus jeune fils, Robert, lui-même Marine, est mort en Afghanistan en novembre 2010.

Evoquant les conseils qu’il avait donnés à Donald Trump, John Kelly a raconté lui avoir dit : « Il n’y a rien que vous puissiez faire pour alléger la peine de ces familles ». Il a confirmé ce que Donald Trump avait évoqué : Barack Obama ne l’avait pas appelé après la mort de son fils. « Ce n’était pas une critique. Ce n’était pas négatif », a-t-il souligné, affirmant avoir simplement présenté les faits au président à sa demande.

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