Pendant plus de 40 ans, Kevin Wilshaw était un membre actif du mouvement néonazi d’extrême-droite National Front. Mais ce mardi soir, l’ex-suprémaciste blanc a déclaré qu’il quittait le mouvement, qu’il était gay et qu’il avait un héritage juif.

Dans un entretien exclusif avec la chaîne britannique Channel 4, Wilshaw s’est confié sur le comportement haineux qu’il a pu avoir, notamment une arrestation pour avoir vandalisé une mosquée. Il a expliqué que lorsqu’il était jeune, c’était exaltant d’être membre d’un des partis extrémistes du Royaume-Uni.

« Vous avez le même système de croyance, le même ennemi, et c’était unificateur », a-t-il poursuivi dans l’interview. En l’occurrence, « c’était le peuple juif, les immigrants, l’extrême gauche, quiconque imposait un programme de gauche ». Des croyances alors partagées en dépit du fait que sa mère était « en partie juive, son nom de jeune fille étant Benjamin ».

Cela ne l’a pas empêché de voir les Juifs comme l’ennemi numéro un. Il écrivait par exemple : « Vous présentez une masse mondiale de personnes sans visage ». Et il a notamment montré à l’enquêteur l’énorme drapeau à croix gammée qui était, jusqu’à récemment, suspendu dans sa chambre. Il était aussi connu dans son pays pour avoir organisé des centaines de manifestations.

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C’est lorsqu’il a commencé à affirmer son identité gay que Wilshaw a vu des fissures dans le mouvement qu’il avait soutenu pendant plusieurs décennies. Il a alors senti la colère de ses collègues néonazis se retourner contre lui, le poussant à quitter son engagement politique.