Indépendance de la Catalogne: En jouant la montre, Puigdemont ne satisfait personne

ESPAGNE Sa stratégie de déclarer puis de suspendre l'indépendance est critiquée à la fois par Madrid et par les séparatistes...

P.B. avec AFP

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Des Catalans pro-indépendance rassemblés devant un écran géant le 10 octobre 2017 à Barcelone.

Des Catalans pro-indépendance rassemblés devant un écran géant le 10 octobre 2017 à Barcelone. — Toni Albir/EFE/SIPA

Il tente un numéro d’équilibriste. Après un discours confus devant le Parlement, Carles Puigdemont a signé une déclaration d’indépendance qu’il a aussitôt suspendue pour donner sa chance au dialogue. Mais le président séparatiste catalan a été à la fois critiqué par Madrid et par les manifestants pro-indépendance.

« Une déclaration implicite d’indépendance, suivie ensuite d’une suspension explicite (…) n’est pas admissible » a déclaré le porte-parole du gouvernement espagnol. Le chef du gouvernement Mariano Rajoy a convoqué un conseil des ministres extraordinaire pour mercredi matin pour décider de la réponse à donner.

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Un « traître » pour certains indépendantistes

Puigdemont a joué avec les émotions des milliers de pro-indépendance rassemblés à Barcelone devant un écran géant. Il a d’abord été applaudi quand il a promis que « la Catalogne sera un Etat indépendant sous la forme d’une république. » Mais quand il a terminé en annonçant la suspension du processus, il a été sifflé et des « traître » ont fusé. « On va jouer les prolongations », ont regretté plusieurs séparatistes, qui attendaient une véritable déclaration d’indépendance ratifiée par le Parlement.

Madrid pourrait choisir l’option nucléaire

Quelle est la prochaine étape ? S’il refuse le dialogue, le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy pourrait adopter des mesures contre les autorités séparatistes, l’une d’entre elles consistant à « prendre le contrôle » de la région, un scénario inédit. Le gouvernement espagnol accuse Puigdemont d’agir en toute illégalité et ne reconnaît pas la « déclaration d’indépendance », ni le « référendum » d’autodétermination du 1er octobre sur laquelle elle s’appuie.

Parmi les mesures qu’il pourrait prendre, l’article 155 de la Constitution a beaucoup été évoqué ces derniers jours. Cet article jamais utilisé permet de prendre « les mesures nécessaires pour la contraindre à respecter les dites obligations » imposées par la Constitution ou d’autres lois, avec « l’accord de la majorité absolue au Sénat ».

Cependant le chef du groupe parlementaire du Parti Populaire de M. Rajoy, Rafael Hernando, a estimé mardi que la situation demandait l’application d’une série de mesures et pas seulement d’un article de la Constitution.

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