Catalogne: Puigdemont signe puis suspend l'indépendance

ESPAGNE Mais Madrid ne semble pas vraiment disposé à négocier avec le président séparatiste...

20 Minutes avec AFP

— 

Le président de la Catalogne, Carles Puigdemont, a signé puis suspendu une déclaration d'indépendance le 10 octobre 2017.

Le président de la Catalogne, Carles Puigdemont, a signé puis suspendu une déclaration d'indépendance le 10 octobre 2017. — Quique Garcia/EFE/SIPA

Il a donc choisi le compromis. Le président séparatiste catalan Carles Puigdemont a finalement signé mardi soir une déclaration d'indépendance qu'il a immédiatement suspendue en vue d'un très hypothétique dialogue avec Madrid, semant la confusion sur la suite des événements.

«Nous constituons la République catalane comme Etat indépendant et souverain, de droit, démocratique et social», lit-on dans ce texte signé par les trois partis indépendantistes. «Mais le président la suspend en appelant au dialogue», conformément à son allocution préalable devant le Parlement régional, a précisé un porte-parole du gouvernement catalan à l'AFP. Il s'agit d'une déclaration symbolique car elle n'a pas été ratifiée par le Parlement.

« La Catalogne sera un Etat indépendant sous la forme d’une république », a d’abord lancé Carles Puigdemont, à la tribune du Parlement, sous les applaudissements. Mais dans la foulée, il ajoute : « Le gouvernement de Catalogne et moi-même proposons de suspendre les effets de la déclaration d’indépendance afin qu’au cours des prochaines semaines nous puissions entamer un dialogue » avec Madrid pour aboutir à une solution politique.

« Inadmissible » pour Madrid, les indépendantistes crient à la trahison

Bref, Puigdemont n’a pas choisi l’option nucléaire d’un vote pour forcer le processus d’indépendance mais choisi de temporiser. Et ça n’a plu à personne. Dans une première réaction, le gouvernement espagnol a estimé qu’une « déclaration implicite d’indépendance (….) est inadmissible », a indiqué un porte-parole de l’exécutif à l’AFP. Un peu avant, des pro-indépendance rassemblés devant un écran géant à Barcelone ont hué Puigdemont, certains le qualifiant même de « traître ».

Les Catalans divisés

L’appel de Puigdemont au dialogue risque de se heurter à la fermeté de Madrid. Quelques heures avant son discours, la vice-présidente du gouvernement Soraya Saenz de Santamaria a déclaré qu’il n’y avait « pas de place pour la médiation entre la légalité et l’illégalité, entre la loi et la désobéissance, entre la démocratie et la tyrannie ».

>> A lire aussi : La Constitution permet à Madrid de «prendre le contrôle» de la Catalogne en cas d'indépendance

Les Catalans sont divisés presque à parts égales sur le sujet, mais souhaitent en majorité un référendum en bonne et due forme, alors que celui de dimanche dernier a été émaillé de fortes tensions. 90 % des votants se sont prononcés en faveur de l’indépendance mais la participation n’a atteint que 43 %.

 

Mots-clés :