Après les violences qui ont secoué Belgrade jeudi soir, le président serbe Boris Tadic a demandé vendredi une réunion du Conseil de sécurité nationale, pour rétablir «l'ordre et la paix». Plus de 150.000 Serbes sont descendus dans les rues, jeudi, pour protester contre l'indépendance du Kosovo.

La police kosovare a pour sa part annoncé un renforcement des mesures de sécurité à la frontière avec la Serbie, précisant que les personnes et les véhicules venant de Serbie seront «sélectivement autorisés à entrer au Kosovo». Vendredi, seuls quelques pétards ont été lancés à Mitrovica, les forces de l'ordre n'ont recensé aucun incident majeur.

La Russie pourrait «utiliser une force brutale»

Sur la scène internationale, le sujet suscite toujours de nombreuses réactions et de vives oppositions. Le représentant de la Russie à l'Otan Dmitri Rogozine a estimé ce vendredi que la Russie pourrait «utiliser la force» si l'Otan ou l'Union européenne «défient» l'ONU sur le Kosovo.

«Si aujourd'hui l'Union européenne adopte une position unie ou l'Otan dépasse son mandat au Kosovo, ces organisations vont défier l'ONU et nous allons alors nous aussi partir du fait que nous devons utiliser une force brutale qu'on appelle une force armée, pour qu'on nous respecte», a affirmé Dmitri Rogozine, lors d'une vidéoconférence depuis Bruxelles, cité par l'agence Interfax.

La Russie «regrette»par ailleurs les violences survenues jeudi à Belgrade, tout en renvoyant la responsabilité aux pays qui ont reconnu «unilatéralement» l'indépendance du Kosovo, a déclaré ce vendredi le porte-parole de la diplomatie russe, Mikhaïl Kamynine.

Les Etats-Unis ont quant à eux décidé d'évacuer le «personnel non-essentiel» de leur ambassade à Belgrade, pour des raisons de sécurité. Pourtant, Washington semble vouloir désamorcer la crise diplomatique. Selon l'AFP, Washington a imputé les débordements à «des voyous» qui ne représentent pas «le vrai visage» de la Serbie. Un haut-responsable  américain a par ailleurs déploré  l'attitude de la Russie, jugée «peu coopérative» dans la gestion des incidents.

Le diplomate en chef de l'Union européenne Javier Solana de son côté prévenu ce vendredi que les négociations sur un accord d'association entre la Serbie et l'UE ne reprendront pas dans le climat de violence créé par les manifestations serbes contre l'indépendance du Kosovo.

Javier Solana appelle au calme

«Un retour au calme est nécessaire avant de retrouver un climat propice à des contacts permettant de progresser sur l'accord de stabilisation et d'association» déjà négocié difficilement entre Belgrade et l'UE, a-t-il déclaré à la presse.

Cette mise en garde risque de mettre en difficulté le président serbe Boris Tadic qui, malgré son opposition à l'indépendance du Kosovo, est resté favorable à l'intégration de son pays à l'UE.

Le premier ministre français François Fillon a lui aussi appelé à «sagesse» et à «la raison» des Serbes et des Kosovars et condamné les violences. Pour le chef du gouvernement français, «la seule vraie réponse à cette crise des Balkans, c'est l'Europe».



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