Triste anniversaire. Demain, Ingrid Betancourt entamera sa septième année aux mains des Forces armées révolutionnaires (Farc) dans la forêt colombienne. Pour tenter de faire avancer sa libération, Bernard Kouchner, le ministre des Affaires étrangères, était hier et avant-hier en Colombie et au Venezuela.
Hier soir à Bogota, il s'est attaché à convaincre le chef de l'Etat colombien d'accepter, dans le cadre des négociations pour l'échange de 43 otages (parmi lesquels Ingrid Betancourt) contre 500 guérilleros des Farc, la médiation de pays latino-américains. Le chef de la diplomatie française aurait aussi averti Alvaro Uribe du tort que pourrait lui causer un éventuel décès d'Ingrid Betancourt, très affaiblie.
La veille, Bernard Kouchner était auprès d'Hugo Chavez. Le président vénézuélien avait réussi à obtenir, le 10 janvier, la libération de Consuelo Gonzalez et de Clara Rojas, enlevée avec Ingrid Betancourt le 23 février 2002. « C'est un responsable politique écouté des Farc, note Pascal Drouhaud, auteur des Farc, confessions d'un guérillero (Ed. Choiseul). Mais il n'est pas le seul acteur de cette crise. » En outre, les rebelles ont leur propre agenda, « qui peut sembler anachronique », ainsi que le souligne Pascal Drouhaud. Du fait des 1 500 otages qu'ils ont entre leurs mains, ce sont eux qui dictent le tempo. Et les exigences. Mais leurs récents revers militaires, conjugués aux défections de plus en plus nombreuses, pourraient leur faire voir les choses sous un autre angle.
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