Le 23 janvier, John Freddy Loaiza a remis ses armes au général colombien Mario Montoya, commandant de l'armée de terre. Interrogé par le quotidien local La Patria, le guérillero, qui portait l'uniforme des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) depuis l'âge de 16 ans, a expliqué qu'il avait déserté à cause de la pression de l'armée et de la situation dramatique dans laquelle se trouvait son groupe. « Nous ne parvenions plus à nous approvisionner », a-t-il déclaré.
Les Farc, qui compteraient 10 000 combattants, perdraient ainsi 8 à 10 hommes chaque jour. Près de 8 000 de leurs soldats auraient quitté le groupe rebelle depuis 2002. Leurs récits font souvent la une des journaux en Colombie, comme celui d'Angely qui, en septembre dernier, a détourné un petit avion pour fuir la région où elle combattait depuis l'âge de 18 ans. La jeune femme a confié avoir décidé de déserter pour revoir sa fille dont elle était séparée depuis trois ans. Mais elle n'a pas caché que la dégradation de la vie dans les campements avait aussi précipité sa fuite : « nous n'avions plus le droit de fumer, nous ne pouvions plus nous laver qu'une fois par semaine. Il était interdit de couper du bois pour éviter d'être repérés par un avion. »
Autre déclic pour Angely, la mort, le 3 septembre 2007, de son chef El Negro Acacio, dans un bombardement. Ce commandant est l'un des quelques hommes forts de la guérilla marxiste éliminés ces derniers mois, avec Martin Caballero, un chef régional historique abattu dans le nord de la Colombie le 25 octobre.
Avec un effectif presque doublé en cinq ans, les forces colombiennes marquent des points. « La guérilla aura disparu en 2010 », affirmait récemment le conseiller présidentiel José Obdulio Gaviria. Même si bien peu osent faire ce pronostic, la pression militaire pèserait suffisamment sur les Farc pour qu'elles cherchent auprès du président vénézuélien Hugo Chavez un peu d'oxygène politique, en lui livrant quelques otages comme elles le font depuis plusieurs semaines.