« Il ne doit pas y avoir de violence et de mise en danger de vies. Les seuls arguments qui nous donnent le droit de défendre notre Kosovo sont la paix et des actions raisonnables », a déclaré le président serbe, Boris Tadic, à la veille du rassemblement contre l'indépendance kosovare, aujourd'hui à Belgrade.
Depuis dimanche, les Serbes ne décolèrent pas. Après avoir fait rappeler ses ambassadeurs des Etats-Unis, de la France, et du Royaume-Uni, Belgrade a fait de même avec ses représentants en Allemagne et en Autriche. Et, lors d'une audition au Parlement européen, le chef de la diplomatie serbe ne s'en est pas caché : l'avenir européen de la Serbie est maintenant « compromis ».
Les tensions sont aussi fortes entre la Russie et l'Union européenne (UE). Bruxelles, qui doit envoyer une mission au Kosovo pour l'accompagner dans ses premiers pas d'Etat souverain, s'est fait tancer par Moscou. Cette mission n'aurait aucune « légalité », selon les Russes, au motif que l'indépendance kosovare n'a pas fait l'objet d'une résolution de l'ONU. Même au sein de l'UE, le sujet divise. Alors que les 27 appuient depuis plusieurs années, notamment financièrement, le Kosovo, depuis lundi, ils n'ont pas réussi à s'entendre sur une reconnaissance commune, laissant à chaque Etat le soin de le faire ou non. Or l'Espagne, Chypre, la Grèce, la Slovaquie et la Roumanie s'y refusent. Ils craignent que certaines de leurs minorités ne se sentent pousser des ailes autonomistes. A juste titre. De l'Abkhazie à la Tchétchénie, l'envol kosovar a désormais valeur d'exemple.