Un dix-septième suicide au pays de Galles

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Publié le 20 février 2008.

FAIT DIVERS - Une jeune fille de 16 ans a été retrouvée pendue...

La série noire continue à Bridgend. Une adolescente de 16 ans a été retrouvée pendue à un arbre près de chez elle mardi, portant à dix-sept le nombre de jeunes qui se seraient suicidés depuis janvier 2007 aux alentours de cette petite ville du sud-ouest du Pays de Galles.

Pas de lien avec Internet

Les amies de la dernière victime, Jenna Parry, témoignent dans le «Times» que la jeune fille aurait été très affectée par le récent suicide du cousin de sa meilleure amie, Zachary Barnes, âgé de 17 ans. Dans de nombreux cas, des adolescents sont passés à l’acte après avoir appris le suicide d’un de leur proche, ami ou cousin.

Ainsi, après avoir refusé pendant des mois d’établir un lien entre ces suicides - plusieurs par pendaison -, le responsable de l’enquête a admis mardi que ces jeunes personnes - toutes âgées de moins de 27 ans-, «étaient vulnérables. Face à leur problème, ils n'ont trouvé d'autre solution que de se donner la mort».

«Identification négative»

Le rôle d’Internet dans ces morts successives, certains jeunes appartenant à des sites de socialisation comme Bebo ou myspace, a toutefois été réfuté. «Je voudrais écarter toute suggestion par les médias que nous enquêtons sur un pacte suicidaire lié à Internet», affirme Dave Morris dans «The Guardian». L'idée d'un culte sur Internet est une absurdité complète», avait également insisté le député gallois Carwyn Jones sur le site Internet de la BBC samedi dernier.

Le pédopsychiatre Maurice Corcos, chef du service Psychiatrie de l'adolescent à l'Institut mutualiste Montsouris (Paris 14e), estime qu'Internet a plutôt été «un facteur de facilitation, un medium qui a pu accélérer les choses. Mais les facteurs d'imitation ou d'identification dans un groupe sont bien plus complexes que cela. Parfois, pour un adolescent, une identification négative vaut mieux que rien du tout, notamment quand le milieu familial peine à incarner quelque chose de positif.» Le spécialiste pointe également le rôle du «facteur médiatique» dans cette série macabre. «Certaines tentatives de suicide, visant à se faire remarquer, ont peut-être mal tourné. Là, il s'agit d'un accident.»

«Donner un côté glamour»

Les parents de Nathaniel Pritchard, un adolescent de 15 ans qui a succombé à sa tentative de suicide la semaine dernière, ont eux aussi accusé «la presse d'avoir donné un côté glamour à ce phénomène de suicides», poussant peut-être d'autres jeunes «à chercher à attirer l’attention par des actes dont ils ne réalisaient pas les conséquences tragiques».

«Nous parlons aux jeunes gens à Bridgend et ce qu'ils nous disent c'est que les médias commencent à influer sur leurs pensées concernant la manière dont ils se sentent, la pression qui pèse sur eux, ou encore comment Bridgend est stigmatisée par les médias», a confirmé Dave Morris.
C. F.
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