Fidel Castro renonce à la présidence

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Publié le 20 février 2008.

Le Lider Maximo a fini par passer la main. Après quarante-neuf ans de pouvoir sans partage, Fidel Castro, 81 ans, a annoncé hier qu'il renonçait à la présidence de Cuba. « Je ne briguerai ni n'accepterai ? je répète ? je ne briguerai ni n'accepterai la charge de président du Conseil d'Etat et de commandant en chef », écrit-il. Cette annonce met fin au suspense sur sa reconduction à la présidence, alors que le Parlement doit désigner dimanche les plus hautes instances exécutives du régime, dont le chef de l'Etat. Elle officialise également une succession préparée de longue date par le régime.

La communauté internationale ? Moscou et Pékin exceptés ? a réagi avec prudence et appelé à la « démocratisation » de l'île. Mais rien n'est moins sûr. Sauf coup de théâtre, c'est le frère de Fidel, Raul Castro, qui lui succédera dimanche. L'homme, âgé de 76 ans, assure déjà l'intérim de la présidence depuis juillet 2006. Et rien n'indique qu'il compte orienter Cuba sur la voie de la démocratie. « Fidel et Raul sont les deux faces d'une même pièce de monnaie, explique Marie-Laure Geoffray, enseignante à l'Institut des hautes études sur l'Amérique latine. Fidel a toujours été l'idéologue, Raul l'exécutant des basses oeuvres, notamment dans les procès politiques. » Cette image lui a longtemps collé à la peau. « Les Cubains n'attendent rien de lui, assure Jacobo Machover, écrivain cubain exilé en France. Il y aura transition démocratique quand le régime fera au moins deux gestes : la libération de plus de deux cents prisonniers politiques et la tenue d'élections libres et pluralistes. »

Selon Bert Hoffmann, chercheur à l'Institut de recherches sur l'Amérique latine de Hambourg, « Raul ne veut pas que le système cubain s'effondre ». Moins charismatique que son frère, mais plus pragmatique, il prône en revanche la libéralisation économique pour améliorer le médiocre niveau de vie de la population, excédée. Avec Raul Castro, Cuba pourrait connaître un scénario à la tunisienne, explique Maire-Laure Geoffray : « une économie ouverte, du tourisme, mais pas de démocratie ».

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Faustine Vincent - ©2008 20 minutes
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