Retrait de Castro : Washington ne lèvera pas son embargo dans l'immédiat

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Publié le 19 février 2008.

REACTIONS - La communauté internationale commente la décision du leader cubain...

Le retrait de la vie politique cubaine de Fidel Castro, qui a annoncé renoncer à la présidence de Cuba ce mardi, était largement commentée par la classe politique internationale.

Le président américain George Bush a déclaré depuis Kigali (Rwanda) que le retrait de Fidel Castro devrait signifier le «début de la transition démocratique». Malgré tout, les Etats-Unis ne lèveront pas leur embargo sur Cuba dans l'immédiat, a déclaré à la presse le numéro deux du département d'Etat, John Negroponte.

Les présidentiables américains Barack Obama et John McCain ont quant à eux estimé que le retrait de Fidel Castro était insuffisant pour faire de Cuba un pays libre, le démocrate plaidant pour un début de normalisation en cas de «changement démocratique significatif».

La Commission européenne a réagi avec prudence, réaffirmant être prête à «un dialogue politique constructif» avec Cuba pour œuvrer en faveur d'une «démocratie pluraliste» dans le pays. Un porte-parole a rappelé que la position européenne commune adoptée en 1996 par l'UE, et confirmée en juin 2007, restait inchangée. A savoir que les pays européens veulent «encourager un processus de transition pacifique vers une démocratie pluraliste et le respect des droits de l'homme et des libertés».

La Suède estime que cette décision soulève l'espoir d'engager le pays sur la voie de la démocratie, selon le ministre suédois des affaires étrangères Carl Bildt. «Même si le changement avec son frère Raul Castro ne signifiera probablement pas de grandes évolutions immédiates, nous espérons que cela contribuera à conduire (le pays) sur la voie de la démocratie», a déclaré le chef de la diplomatie dans un communiqué. «Le peuple cubain a les mêmes droits de liberté et de démocratie que tous les autres peuples.»

Le chef du Parti communiste russe Guennadi Ziouganov, candidat à la présidentielle du 2 mars, a estimé que Fidel Castro avait pris cette décision en responsable «politique génial», «courageux» et dans «l'intérêt de son pays et de son peuple».

Madrid souhaite surtout que ce renoncement renforce la capacité de son frère Raul Castro à mettre en place son «projet de réformes». «C'est maintenant qu’il va pouvoir assumer avec une plus grande capacité, solidité et confiance, ce projet de réformes, dont, j'insiste, il a lui-même parlé, et je crois qu'il pourrait commencer à matérialiser ces réformes», a déclaré la secrétaire d'Etat espagnole pour l'Amérique latine, Trinidad Jimenez.

Paris espère pour sa part que cette décision ouvre «une voie nouvelle» qui conduira à «plus de démocratie», a affirmé le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes Jean-Pierre Jouyet. «Le castrisme, cela a été un symbole du totalitarisme», a-t-il estimé, soulignant que le pouvoir de Fidel Castro restera marqué par «le fait qu'il n'y ait pas eu suffisamment de réformes, qu'il n'ait pas compris les évolutions qui se sont fait jour notamment à la fin des années 70, au début des années 80, qu'il n'ait pas compris les évolutions qui se sont fait jour à la suite de la chute du mur de Berlin et de l'Union soviétique».
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