La France, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et l'Italie ont reconnu l'indépendance du Kosovo

REACTIONS Lundi après-midi, Bernard Kouchner avait annoncé que la France avait «l'intention de reconnaître l'indépendance du Kosovo»...

Emilie Gavoille (avec agence)

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Des Kosovars célébrent l'indépendance, brandissant le drapeau de leur nouvel Etat, le 17 février 2008, à Pristina.

Des Kosovars célébrent l'indépendance, brandissant le drapeau de leur nouvel Etat, le 17 février 2008, à Pristina. — AFP PHOTO DANIEL MIHAILESCU

La France rejoint le club des pays ayant reconnu, lundi soir, l'indépendance du Kosovo, proclamée dimanche. Nicolas Sarkozy a reconnu le Kosovo «comme un Etat libre et indépendant» dans un courrier adressé lundi soir au président de la province serbe à majorité albanaise Fatmir Sejdiu, a annoncé l'Elysée.

Plus tôt, le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, avait annoncé que la France avait «l'intention de reconnaître l'indépendance du Kosovo», suivi par ses homologues belge et polonais. La Turquie, candidate à l'entrée dans l'Union européenne, a également enteriné l'existence du Kosovo en tant qu'Etat souverain.

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Le Monténégro, qui s'est séparé de la Serbie il y a moins de deux ans, reconnaîtra le Kosovo lorsqu'il sera sûr que cela «ne menacera pas sa sécurité», a indiqué lundi à Bruxelles le ministre monténégrin des Affaires étrangères Milan Rocen.

Les Etats-Unis, l'Italie et le Royaume-Uni

Plus tôt, George W. Bush avait déclaré, en début d'après-midi lundi que les «Kosovars étaient maintenant indépendants». Sa secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères, Condoleezza Rice, avait ensuite reconnu «formellement» l'existence du nouvel Etat kosovar. En représailles, la Serbie a ordonné à son ambassadeur à Washington de quitter les Etats-Unis.

L'Italie et la Grande-Bretagne ont également reconnu cette indépendance. Les deux pays européens se sont exprimés par la voix de leurs ministres des Affaires étrangères, Massimo d'Alema et David Miliband, réunis avec leurs homologues européens à Bruxelles.

Plus tôt dans la journée, les ministres européens avaient précisé dans une déclaration commune que l'Union européenne laisserait le soin à chaque Etat de se positionner sur la question du Kosovo. Bruxelles n'a pour l'instant pas souhaité se prononcer sur l'indépendance de l'Etat kosovar.

Une Europe divisée

La question d'une prise de position commune divisait les partenaires européens. Le ministre slovène, dont le pays assure la présidence de l'UE, avait assuré que «beaucoup d'Etats membres» étaient prêts à reconnaître l'indépendance du Kosovo.

Pourtant l'envol de la petite province, qui dépendait jusque-là de la Serbie, ne fait pas l'unanimité. Si la Grande-Bretagne, la France et l’Italie affichent leur soutien clair au Kosovo, la position de l'Allemagne est moins tranchée. Angela Merkel a affirmé que son pays ne prendrait «certainement pas de décisions sur la reconnaissance du Kosovo» dans la journée, préférant prendre davantage de temps pour réflechir.

D'autres pays européens, comme l'Espagne ou Chypre, confrontés à la question du séparatisme sur leur propre sol, se montrent beaucoup moins enthousiastes face à cette déclaration d'indépendance.
Chypre a d'ailleurs fait savoir lundi qu'elle la considérait comme étant «juridiquement nulle».

L'hostilité farouche de la Russie

Autre opposition notoire à cette indépendance, celle de la Russie, qui n'a jamais caché sa vive hostilité à la partition de l'Etat serbe. Solidarité slave oblige, Poutine a toujours soutenu les intérêts serbes et défendu le maintien du Kosovo, considéré comme le coeur historique de la nation, dans le giron de Belgrade.

Moscou a demandé lundi à l'ONU de clarifier sa position vis-à-vis de la déclaration unilatérale d'indépendance proclamée dimanche par le premier ministre kosovar Hashim Thaçi. La Russie craint que la reconnaissance des Nations Unies crée un précédent qui autorise et incite d'autres sécessions, notamment dans d'anciennes républiques soviétiques, comme en Ossétie du Sud et en Abkhazie, provinces séparatistes de la Géorgie. Dimanche, ces deux n’ont attendu que quelques minutes après la proclamation du Kosovo pour réclamer à leur tour la reconnaissance de leur indépendance.

Des réactions mitigées


De son côté, la Chine s'est dite «profondément préoccupée» par la proclamation d'indépendance du Kosovo et craint un regain d'instabilité dans les Balkans. Même son de cloche en Indonésie, qui reste marquée par le conflit au Timor Oriental en 1999, et au Sri Lanka, en proie au séparatisme tamoul. Les autorités des deux pays ont déclaré qu'elles attendraient «les développements» avant de reconnaître l'existence de l'Etat kosovar.

La majorité des pays occidentaux ont pour leur part appelé au calme et à la prudence pour éviter les heurts entre Serbes et Albanais, les deux populations qui cohabitent au Kosovo.

La réaction la plus enthousiaste est venue, sans surprise, du voisin albanais. Le Premier ministre a parlé de «renaissance» pour le Kosovo, dont 90% de la population est albanophone. Lundi, le Premier ministre a reconnu formellement l'indépendance kosovare.

Serbie
Sans surprise, le Parlement serbe a «annulé» lundi soir par un vote à l'unanimité la proclamation d'indépendance du Kosovo, déclarant qu'elle violait l'intégrité et la souveraineté de la Serbie.

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