Nucléaire: Macron veut jouer les médiateurs entre l'Iran et les Etats-Unis

DIPLOMATIE Le président français propose de compléter l'accord de 2015 que son homologue américain menace de quitter...

P.B. avec AFP

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Emmanuel Macron à l'Assemblée générale des Nations Unies à New York, le 20 septembre 2017.

Emmanuel Macron à l'Assemblée générale des Nations Unies à New York, le 20 septembre 2017. — Jason DeCrow/AP/SIPA

Réconcilier deux partis irréconciliables. C’est l’objectif complexe que semble poursuivre Emmanuel Macron sur le dossier du nucléaire iranien. Alors que Donald Trump critique l’accord de 2015 et menace de claquer la porte, le président français a milité pour « compléter » le compromis, estimant qu’il n’était « pas suffisant ».

Emmanuel Macron s’est exprimé mercredi soir en marge de l’Assemblée générale des nations unies. « Nous avons besoin de l’accord de 2015. Cet accord est-il suffisant ? Il ne l’est pas, compte tenu de l’évolution régionale et de la pression croissante que l’Iran exerce dans la région », a-t-il déclaré lors d’un point-presse. Le président français a aussi cité « l’activité accrue de l’Iran sur le plan balistique » et souligné la nécessité de « pouvoir rassurer les états de la région et les Etats-Unis ».

Un volet de sanctions

Selon lui, sur ces activités balistiques, il faudra un « volet de sanctions ». « Et aussi ouvrir une discussion sur le nucléaire post-2025 et sur le rôle de l’Iran dans la région car les tensions sont croissantes au regard de l’activité du Hezbollah et de la pression de l’Iran sur la Syrie ».

« C’est ce que j’ai proposé aux deux présidents (américain et iranien) et je m’engagerai à trouver un accord sur cette base. Nous avons besoin dans la région des Etats-Unis car ils sont à la tête de la coalition en Syrie. Donc il est indispensable d’arriver à un accord » et « j’essaierai de convaincre (Donald) Trump non pas de dénoncer cet accord mais de le compléter par ces points ». « Je n’exclus aucun déplacement utile dans ce contexte-là », a précisé Emmanuel Macron.

« Pas besoin de renégocier », selon l’UE

Il n’est pas nécessaire de « renégocier l’accord » a rétorqué la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini. Les ministres des pays signataires (Iran, Etats-Unis, Chine, Russie, France, Royaume-Uni, Allemagne), réunis en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, « n’ont pas discuté de modifications » à l’accord et sont tous « d’accord pour juger que le texte est jusqu’ici respecté par tous », y compris les Etats-Unis, a-t-elle assuré.

Il s’agissait de la première rencontre entre les ministres iranien et américain des Affaires étrangères depuis l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche en janvier. Le président américain a indiqué mercredi qu’il avait « pris sa décision » sur l’accord mais ne l’a pas encore révélée.